Je n’ai jamais dit, ni pensé, qu’on ne faisait de la bonne littérature qu’avec les mauvais sentiments.
Écrivain, 1869-1951 Image : Ottoline Morrell (1873-1938), Domaine public, Wikimedia Commons Je n’ai jamais dit, ni pensé, qu’on ne faisait de la bonne littérature qu’avec les mauvais sentiments.
Écrivain, 1869-1951 Image : Ottoline Morrell (1873-1938), Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
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Dostoïevski : articles et causeries
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C’est avec les beaux sentiments qu’on fait de la mauvaise littérature.
On ne peut jamais écrire ce que l’on ressent vraiment. Les mots ne peuvent s’élever dans les airs avec le cœur, ils ne font que tomber sur le papier.
Dans les livres, les gens se font des déclarations d’amour, de haine, ils mettent leur cœur en phrases ; dans la vie, jamais on ne prononce de paroles qui pèsent.
On ne peut jamais connaître ses véritables sentiments envers quelqu’un tant que ce quelqu’un ne disparait pas de sa vie.
J’ai toujours senti que l’état d’auteur n’était, ne pouvait être illustre et respectable qu’autant qu’il n’était pas un métier. Pour pouvoir, pour oser dire de grandes vérités, il ne faut pas dépendre de son succès.
Il ne faut jamais faire de littérature, il faut écrire et ce n’est pas pareil.
En fait de sentiments, ce qui peut être évalué n’a pas de valeur.
On ne juge ni dans l’amour ni dans la haine.
Je ne suis pas bon, dans l’ensemble, ce n’est pas un des traits de mon caractère. L’humanitaire me dégoûte, le sort des autres m’est en général indifférent, je n’ai même pas le souvenir d’avoir jamais éprouvé un quelconque sentiment de solidarité.
Je ne pleure jamais sur ce passé qui a été à la fois merveilleux et douloureux. Je ne regrette rien. Jamais. Si je n’avais pas fait toutes ces rencontres affectives et professionnelles, je n’existerais pas comme j’existe.

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