Les innovateurs sont presque toujours des persécutés; en religion, ce sont des hérétiques; en philosophie, des crânes fêlés; en science, des gens qui parlent au diable; en politique, généralement des imbéciles, parfois des idoles.
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- Un intellectuel, pour moi, c’est cela : quelqu’un qui est fidèle à un ensemble politique et social, mais qui ne cesse de le contester.
- Une doctrine, quelle qu’elle soit, politique, religieuse ou sociale, ne se produit jamais sans trouver plus de contradicteurs que d’adeptes, et ne recrute quelques soldats qu’après avoir fait beaucoup de martyrs.
- Le génie humain est décidément stupéfiant qui a fait les trains plus larges que les voies, les plafonds plus hauts que les locataires et qui situe le dialogue politique assez bas pour divertir les insectes sociaux.
- Le mot intellectuel, dans le jargon politique d’alors, était une insulte : il désignait un homme qui ne comprend pas la vie et qui est coupé du peuple.
- Tout innovateur est un transgresseur puisqu’il met dans la culture une pensée qui n’y était pas avant lui. Il est donc admiré par ceux qui aiment les idées nouvelles, et détesté par ceux qui se plaisent à réciter les idées admises.
- La plus folle de toutes les erreurs est celle de ces braves jeunes gens qui s’imaginent perdre leur originalité en reconnaissant des vérités que d’autres ont déjà reconnues avant eux. La beauté ne peut jamais avoir la conscience d’elle-même.
- L’idéologie : un problème démographique. Les intellectuels se multipliant il faut trouver de nouveaux champs de connaissance.
- C’est la philosophie qui découvre les vertus utiles de la morale et de la politique. C’est l’éloquence qui les rend populaires. C’est la poésie qui les rend pour ainsi dire proverbiales.
- Une révolution est toujours inaugurée par des naïfs, poursuivie par des intrigants, consommée par des scélérats.
- Tous les progrès sociaux de l’humanité, et nombre de progrès scientifiques, sont le fruit d’utopistes qui ont montré le chemin. Ce sont des hommes et des femmes que l’on a moqués, marginalisés, emprisonnés, assassinés pour avoir osé remettre en cause l’ordre établi en pointant ses aberrations ou sa stupidité.
- Les gens les plus en vue sont souvent la cible des individus les plus malveillants, ces gens qui ne peuvent supporter la réussite, qui dissimulent leur médiocrité derrière une haine tenace.
- Le monde est généralement conduit par des sots qui ne comprennent pas grand-chose à la vie et aux hommes, qui prennent des décisions à tâtons, moyennant quoi tout va cahin-caha, ponctué, si l’on peut dire, de catastrophes «moyennes».
- Les sots, les ignorants, les gens malhonnêtes, vont prendre dans les livres des idées, de la raison, des sentiments nobles et élevés, comme une femme riche va chez un marchand d’étoffes s’assortir pour son argent.
- Celui qui a envie de changer et qui aura le courage de le faire sera toujours considéré comme un traître par ceux qui ne sont pas capables d’évoluer, les poules mouillées qui ne comprennent pas et haïssent toute forme de nouveauté.
- Ceux qui sacrifient au patriotisme la politique, l’éducation, les affaires, sont traîtres à la civilisation, ennemis du progrès, on doit les considérer comme criminels de l’humanité.