Les gens les plus en vue sont souvent la cible des individus les plus malveillants, ces gens qui ne peuvent supporter la réussite, qui dissimulent leur médiocrité derrière une haine tenace.
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Si vous réussissez, voilà des ennemis : vous marchez sur le bord d’un abîme, entre le mépris et la haine.
Quand on est témoin de leur mal, on en souffre. Les plus pervers ne sauraient perdre tout à fait ce penchant : souvent il les met en contradiction avec eux-mêmes.
Vous pensiez qu’une cause qui n’est défendue que par la violence, le mensonge et la calomnie fait ainsi l’aveu de sa propre faiblesse, et vous aviez raison — mais vous n’imaginiez pas le pouvoir de la faiblesse, de l’humiliation, du ressentiment et des peurs abjectes.
Rien de plus habituel que de sentir que les autres ont une part de responsabilité dans nos échecs, tout comme c’est une réaction ordinaire d’oublier ceux qui ont pris part à nos réussites.
On ne se méfie jamais assez des ambitieux qui gravitent autour d’un chef. Bien souvent, ce sont eux qui infléchissent ses actions et qui, à force de le protéger, finissent par l’isoler dangereusement.
Combien de tragédies sont provoquées par des gens qui, tout en disant qu’ils veulent le bien, sont incapables de réagir raisonnablement devant une petite vexation, une injustice sans gravité !
Les plus habiles affectent toute leur vie de blâmer les finesses pour s’en servir en quelque grande occasion et pour quelque grand intérêt.
Pour quiconque, la haine passive et destructrice est un sentiment malsain à apprivoiser et à métamorphoser, par l’intelligence humaine, en énergie vitale et constructive.
Ce que le troupeau déteste le plus, c’est celui qui pense différemment ; ce n’est pas tant l’opinion elle-même, mais l’audace de vouloir penser par lui-même, quelque chose qu’ils ne savent pas faire.
Ce qui abrutit le peuple, ce n’est pas le défaut d’instruction, mais la croyance en l’infériorité de son intelligence. Et ce qui abrutit les « inférieurs » abrutit du même coup les « supérieurs ».

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