La Guide des pécheurs est encore un bon livre ;
C’est là qu’en peu de temps on apprend à bien vivre.
Dramaturge · 1622-1673 Image : Pierre Mignard I · Domaine public · Wikimedia Commons La Guide des pécheurs est encore un bon livre ;
C’est là qu’en peu de temps on apprend à bien vivre.
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Source vérifiée
Sganarelle (1660), scène 1, Gorgibus
… Lisez-moi, comme il faut, au lieu de ces sornettes, Les Quatrains de Pibrac, et les doctes Tablettes Du conseiller Matthieu; l’ouvrage est de valeur, Et plein de beaux dictons à réciter par cœur.La Guide des pécheurs est encore un bon livre; C’est là qu’en peu de temps on apprend à bien vivre; Et si vous n’aviez lu que ces moralités, Vous sauriez un peu mieux suivre mes volontés.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
Tout parle dans l’amour, et sur cette matière
Le moindre jour doit être une grande lumière ;
Puisque chez notre sexe, où l’honneur est puissant,
On ne montre jamais tout ce que l’on ressent.
L’on cherche souvent plus qu’on ne veut trouver.
Le monde est rempli de beaucoup de traverses ;
Chaque homme tous les jours en ressent de diverses.
L’amour a, pour nous prendre,
De si doux attraits,
Que, de soi, sans attendre,
On voudrait se rendre
À ses premiers traits ;
Mais tout ce qu’on écoute
Des vives douleurs
Et des pleurs qu’il nous coûte,
Fait qu’on en redoute
Toutes les douceurs.
Il est bien fâcheux de perdre ce qu’on aime.
L’emportement d’un cœur qui peut s’être abusé
A de quoi ramener une âme qu’il offense ;
Et dans l’amour qui lui donne naissance
Il trouve au moins, malgré toute sa violence,
Des raisons pour être excusé.
Peut-on être jamais satisfait en soi-même,
Lorsque par la contrainte on obtient ce qu’on aime ?
C’est un triste avantage, et l’amant généreux
À ces conditions refuse d’être heureux.
Que soupirer d’amour
Est une douce chose,
Quand rien à nos vœux ne s’oppose !
Laissons raisonner les sots
Sur le vrai bonheur de la vie ;
Notre philosophie
Le met parmi les pots.
Souvent d’un faux espoir un amant est nourri :
Le mieux reçu toujours n’est pas le plus chéri ;
Et tout ce que d’ardeur font paraître les femmes
Parfois n’est qu’un beau voile à couvrir d’autres flammes.

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