Une femme forte, qui ne croit ni à Dieu ni au diable, mais qui accepte aveuglément les prédictions des somnambules et du marc de café.
Écrivain, 1840-1897Une femme forte, qui ne croit ni à Dieu ni au diable, mais qui accepte aveuglément les prédictions des somnambules et du marc de café.
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Le Petit Chose (1868), Deuxième partie, chapitre 11
… Ce n’est pas vrai, tout ce qu’elle dit lui vient de quelqu’un. Elle n’a pas de cervelle, pas d’entrailles. Elle est fourbe, elle est cynique, elle est méchante. Dans ses accès de colère, je l’ai vue rouer sa négresse de coups de cravache, la jeter par terre, la trépigner; avec celaune femme forte, qui ne croit ni à Dieu ni au diable, mais qui accepte aveuglément les prédictions des somnambules et du marc de café.Quant à son talent de tragédienne, elle a beau prendre des leçons d’un avorton à bosse et passer toutes ses journées chez elle avec des boules élastiques dans la bouche, je suis sûr qu’aucun théâtre n’en voudra. Dans la vie privée, par exemple, c’est une fière comédienne.
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Voilà mademoiselle qui s’enferme à double tour. Bien sur qu’elle a peur de la Bête du Bon Dieu.
Dépourvue d’âme, la femme est dans l’incapacité de s’élever vers Dieu. En revanche, elle est en général pourvue d’un escabeau qui lui permet de s’élever vers le plafond pour faire les carreaux.
Il n’y a pas d’être plus malheureux sous le soleil qu’un fétichiste qui languit après une bottine et qui doit se contenter d’une femme entière.
Souvent femme varie
Bien fol est qui s’y fie !
Une femme souvent
N’est qu’une plume au vent !
Nul homme doué de raison, s’il est tant soit peu philosophe, ne pourra jamais cesser de s’émerveiller de ce que peut accomplir le simple contact d’une femme, qu’elle soit un démon ou une sainte.
Joli paradoxe : la femme est le chef-d’œuvre de Dieu, surtout quand elle a le diable au corps.
La femme est fatalement suggestive ; elle vit d’une autre vie que la sienne propre, elle vit spirituellement dans les imaginations.
On trouve toujours une femme sur le chemin du ciel ou sur celui de l’enfer.
Une femme est un spectacle offert par les dieux.
Il en est ainsi de la vie. Elle n’a de foi qu’en elle-même. Quand aucune pensée ne l’entrave elle va contre toute raison sans autre but que d’être encore, un jour, une heure, un pas de plus.

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