Il faut raconter barbarement un âge barbare, et prendre un cœur d’airain, mettre en saillie ce qui domine tout, la brutalité de la guerre, et son rude outil, le soldat.
Écrivain, 1798-1874Il faut raconter barbarement un âge barbare, et prendre un cœur d’airain, mettre en saillie ce qui domine tout, la brutalité de la guerre, et son rude outil, le soldat.
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Source vérifiée
édition Flammarion (1893)
L’histoire humaine semble finie quand on entre dans la Guerre de Trente-Ans. Plus d’hommes et plus de nations, mais des choses et des éléments.Il faut raconter barbarement un âge barbare et prendre un cœur d’airain, mettre en saillie ce qui domine tout, la brutalité de la guerre et son rude outil, le soldat.
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Mon père avait vu venir la guerre sans illusion. C’est à lui également que l’on doit, dans la Grande Encyclopédie, les notices sur les fléaux qui ont désolé l’humanité et sur les dates fatidiques, sur l’an mil, la peste, les Huns.
L’homme doit être élevé pour la guerre et la femme pour le délassement du guerrier : tout le reste est folie !
Qui veut faire la guerre doit d’abord mettre son âme en état de supporter les revers.
Ce grand art de la guerre, art savant, mais terrible, et pourtant nécessaire, qui guérit quelques maux et nuit à tous les biens.
La guerre n’est tout au plus que barbarie. Sa gloire n’est qu’illusion. Ce n’est seulement que ceux qui n’ont jamais tiré un coup de feu ou qui n’ont jamais entendu les cris et gémissements des blessés, ce sont ceux-là qui appellent à la vengeance, .
Un militaire, vous lui retirez la guerre qui lui donnait une raison de vivre et une vitalité de jeune homme, vous obtenez un croûton hors d’âge.
L’opposition civilisation barbarie s’effondre quand la barbarie est incluse dans la civilisation, quand l’inhumain est au cœur de l’humain.
Adieu guerrier illustre : ton courage dans le malheur inspire de l’estime à ton ennemi le plus acharné.
L’histoire des guerres entraîne la jeunesse à admirer la violence, l’histoire de la culture lui enseigne le respect de l’esprit, l’une lui fait ressentir la guerre, l’autre, la paix, comme la plus haute réalisation humaine.
Le vice serait réduit à cette triste et déplorable condition où gémit la vertu, et il faudrait avoir autant de force et de courage pour être méchant, qu’il en faut, dans ce siècle corrompu, pour être homme de bien.

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