Il faut les comprendre, ils sont obligés d’être sérieux toute la nuit, ils ont besoin, dans la journée, de se détendre. Alors ils font des bêtises.

Il faut les comprendre, ils sont obligés d’être sérieux toute la nuit, ils ont besoin, dans la journée, de se détendre. Alors ils font des bêtises.

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Où on va, papa?
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À quoi reconnaît-on les gens fatigués. À ce qu’ils font des choses sans arrêt. À ce qu’ils rendent impossible l’entrée en eux d’un repos, d’un silence, d’un amour.
Trop parler nuit. Le jour aussi d’ailleurs.
Pendant le jour, il n’y a rien de plus facile que de poser au type qui s’en fout, mais la nuit, c’est une autre affaire.
Oui, Bach, Mozart, Dieu, elles commencent toujours par ça. Ça fait conversation honnête, alibi moral. Et quinze jours plus tard, trapèze volant sur le lit.
Chez la plupart des gens qui bossent, on sent une somnolence de fonctionnaire. C’est le genre : « Réveille-toi, c’est l’heure d’aller se coucher ! »
Le vrai problème, c’est la nuit. Elle passe jamais et tu chopes de mauvaises pensées. Ça arrive à tout le monde. L’air devient lourd de désespoir. Tu respires même celui des autres.
Les brochures injurieuses, les estampes satiriques, les noirceurs secrètes, tous les petits moyens que l’ignorance et l’envie savent si bien mettre en usage contre ce qui leur nuit ou leur déplaît, sont employés pour perdre ce dangereux novateur (Rameau).
Qui donc pourra faire taire les grondements de bêtes Les hurlements furieux de la nuit dans nos têtes ?
Le sommeil de la raison engendre des monstres.
Ces choses-là sont rudes.
Il faut pour les comprendre avoir fait ses études.

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