Dès que j’eus cette fête en perspective, l’idée de devoir me déguiser me mit la tête à l’envers.
Écrivain, 1869-1951 Image : Ottoline Morrell (1873-1938), Domaine public, Wikimedia Commons Dès que j’eus cette fête en perspective, l’idée de devoir me déguiser me mit la tête à l’envers.
Écrivain, 1869-1951 Image : Ottoline Morrell (1873-1938), Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
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Journal (1922)
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J’ai eu honte de moi quand j’ai réalisé que la vie était une fête costumée et que j’y étais avec mon vrai visage.
Du filz autant m’est la personne chere,
Comme j’av eu à contre-cœur le pere.
Tout est affaire de décor Changer de lit changer de corps A quoi bon puisque c’est encore Moi qui moi-même me trahis Moi qui me traîne et m’éparpille Et mon ombre se déshabille Dans les bras semblables des filles Où j’ai cru trouver un pays.
Je l’ai reçu carrément et dans tout le déshabillé franc de ma pensée.
J’ai participé à la transformation de mon époque. Je l’ai fait avec des vêtements, ce qui est sûrement moins important que la musique, l’architecture, la peinture… Mais quoi qu’il en soit, je l’ai fait.
Chaque fois que je me tenais devant un miroir, j’ai trouvé mon visage trop moche, alors j’ai pensé que je devais jouer le rôle dans certains films qui me couvrent le visage de maquillage.
J’étais perdu dans la rêverie où nous plonge toujours l’énigme d’un beau visage…
Si j’étais dans la vie comme à la scène, je serais imbuvable ! J’ai bien conscience de la personne que je suis sur les planches, avec cette tendance à de plus en plus se lâcher.
Et je le détournai de cette pensée, en lui disant que la mode, qui a du pouvoir en toutes choses, ne l’a si sensible en aucune qu’à être ou bien ou mal à la cour.
C’était idiot, mais incroyablement touchant, ces gens qui dépensaient une telle énergie à essayer de me comprendre.

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