Elle écrivait les noms de ses enfants lorsqu’elle se retrouvait seule dans l’après-midi, sans course de ménage ni démarche à faire. Elle aimait cet effort qui lui prenait, en peu de temps, plus d’énergie qu’une journée passée à aller de bureau en bureau.
Image : Elle écrivait les noms de ses...

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- Autrefois, pour un procès d’assises, comme celui de Bobigny, je pouvais travailler une nuit entière sur un dossier, me doucher, prendre un café et aller plaider. Aujourd’hui, je ne pourrais pas aller au-delà d’une heure du matin. Mais c’est assez minime.
- Si j’eusse parlé vers 1795 de mon projet d’écrire, quelque homme sensé m’eût dit : - «Ecrivez tous les jours pendant deux heures, génie ou non. » - Ce mot m’eût fait employer dix ans de ma vie dépensés niaisement à attendre le génie.
- C’est à mon tour de pratiquer ce dur métier, ce métier impossible, cent soixante- huit heures de travail par semaine, pas de week-end, pas de vacances, pas d’autre salaire que la critique rétrospective : parent.
- C’était une force puissante et sournoise que celle de la solitude. Elle agissait sur moi en utilisant d’agréables atours : la lecture boulimique d’ouvrages littéraires. Elle n’en était pas moins une force de sape et de destruction.
- A d’autres moments, elle écrit avec bonheur pendant des heures, comme si les mots n’attendaient que son appel pour venir noircir le papier.
- La femme seule ne doit qu’à elle-même le compte de ses jours. Elle s’habille pour elle, sort à sa guise, rentre à son gré, dispose comme il lui plaît de son temps, de son coeur et de son téléphone. Elle n’a jamais besoin de mentir, ni d’inventer, et elle.
- Écrire, c’est au mieux une vie solitaire... Un écrivain accomplit son oeuvre dans la solitude et, s’il est suffisamment bon écrivain, il doit chaque jour faire front à l’éternité ou à l’absence d’éternité.
- Elle n’avait plus l’insouciance de la jeunesse qui digère toutes les tragédies parce qu’elle a le temps pour elle.
- Ce qu’elle aurait aimé, dans cette solitude qui en augurait une autre, c’est d’entendre la mer. Entendre la mer sans la voir et lui accorder le pouvoir de porter en elle le souffle de tous ceux qu’elle aimait sans le leur dire jamais.
- La véritable fatigue c’est, le soir, lorsqu’on est harassé de travail, de mentir à sa maîtresse pour pouvoir rentrer tranquillement chez soi pour voir sa femme.
- C’était peut être ça la liberté. Personne pour s’inquiéter de l’heure à laquelle elle rentrait, personne pour s’inquiéter de ce qu’elle faisait.
- C’est très douloureux d’écrire sa vie, de regarder dans le rétroviseur, parce qu’elle se résume à peu. Elle n’est faite que d’efforts. Je préfère regarder devant, parce que devant il n’y a que le plaisir, puisque l’effort n’est pas encore fait !
- C’est quoi, cette putain d’idée sur l’écriture ? Qu’elle sauve celui qui écrit ? Elle sauve celui qui a préféré écrire que vivre. Les chagrins ne s’effaceront pas au nombre de pages écrites. Il faut avoir placé l’écriture plus haut que sa vie.
- Ne faites aucune tâche pour en finir. Décidez de faire chaque travail de manière détendue, avec toute votre attention. Profitez-en et soyez un avec votre travail.
- Ah ! La volupté de régler tout dans la journée et d’aller se coucher sans qu’aucun papier en souffrance ne traîne sur le bureau, sans devoir un franc à personne et - mais c’est beaucoup plus rare - sans que personne ne vous doive un franc !...