A d’autres moments, elle écrit avec bonheur pendant des heures, comme si les mots n’attendaient que son appel pour venir noircir le papier.
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- La question n’est pas de savoir si j’ai le temps de lire ou pas, mais si je m’offre ou non le bonheur d’être lecteur.
- La vraie poésie ne cohabite avec le bonheur que pour une durée très courte. Au bout d’un certain temps, soit le bonheur banalise la poésie et le poète, soit alors la vraie poésie gâche le bonheur.
- Ecrire n’est-ce pas se lever au milieu de la nuit, parmi les choses réelles et irréelles, proches et étrangères, aller jusqu’au bout de sa folie, troubler le sommeil des gisants, annoncer l’aube ?
- A peine je sors de mon lit, avant le jour, au petit jour, entre la lampe et le soleil, heure pure et profonde, j’ai coutume d’écrire ce qui s’invente de soi-même.
- Sur ce qu’il vient d’écrire dans la journée, il a des peurs nocturnes. La nuit, fantastiquement, ramène tout à l’imaginaire de l’écriture : l’image du produit, le potin critique (ou amical) : c’est trop ceci, c’est trop cela, ce n’est pas assez... La nuit, les adjectifs reviennent, en masse.
- Elle disait avec soulagement : La nuit est enfin finie (elle a souffert la nuit, seule, chose atroce).
- Elle écrivait les noms de ses enfants lorsqu’elle se retrouvait seule dans l’après-midi, sans course de ménage ni démarche à faire. Elle aimait cet effort qui lui prenait, en peu de temps, plus d’énergie qu’une journée passée à aller de bureau en bureau.
- J’ai longtemps aimé le silence pour lire. La quiétude d’un néant quelconque, impersonnel, pour savourer pleinement le cataclysme sonore des mots.
- Souvent... Face aux occupations jugées presque toutes rebutantes des journées qui viennent, l’obsession écrivassière hante mon louche demi-sommeil.
- Écrire une vie entière en très peu de temps. Écrire, en quelques semaines, en quelques mois, une vie écrite par un homme pendant toute sa vie.
- Elle était jolie par juxtaposition. Heureuse, elle eût été ravissante : le bonheur est la poésie des femmes, comme la toilette en est le fard.
- Elle suivit les cours d’une école de dactylographie. Devant les pupitres d’école, des filles de tout âge chuchotaient tandis qu’une femme assise à une table lisait à voix haute...
- L’amour commence à l’instant où une femme s’inscrit avec une de ses paroles dans notre mémoire poétique.
- L’écriture, toute écriture, reste une audace et un courage. Et représente un énorme travail.
- C’est très douloureux d’écrire sa vie, de regarder dans le rétroviseur, parce qu’elle se résume à peu. Elle n’est faite que d’efforts. Je préfère regarder devant, parce que devant il n’y a que le plaisir, puisque l’effort n’est pas encore fait !