Dieu n’est plus accessible qu’aux aventuriers.
Romancier, 1911-1985Dieu n’est plus accessible qu’aux aventuriers.
Romancier, 1911-1985Partager sur
Source secondaire
La Faim du tigre (1966), p. 178
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La recherche de Dieu est un exercice inutile : à rien ne sert de chercher où il n’y a pas. On ne récolte pas sans avoir semé. Dieu n’existe pas, vous ne l’avez pas encore créé.
Chercher quelque chose hors de Dieu, c’est explorer le néant.
Dieu se manifeste, il nous guide la distance d’une lieue, puis il laisse tomber. Et tout alors demeure pire qu’avant. Cette vie est la tête à l’envers, personne ne peut mesurer ses cueillettes et pertes.
Le plus grand explorateur sur cette terre ne fait pas d’aussi longs voyages que celui qui descend au fond de son cœur et se penche sur les abîmes où la face de Dieu se mire parmi les étoiles.
Se passer de Dieu… Je veux dire : se passer de l’idée de Dieu, de la croyance en une Providence attentive, tutélaire et rémunératrice… N’y parvient pas qui veut.
Dieu ne nous remplit qu’autant que nous sommes vides.
Dieu n’est pas spectateur. Le seul Dieu qui soit est sans cesse impliqué dans le drame miraculeux et contradictoire de la création. Dieu est en quelque sorte noyé dans la création, et ne peut en être ni séparé ni distingué.
Qui marche assurément n’a point peur de tomber : Dieu fait part, au besoin, de sa force infinie. Qui craint de le nier, dans son âme le nie : il croit le pouvoir faire, et doute de sa foi.
Les voies de Dieu sont impénétrables, dit-on. Assurément. Je n’aurais jamais accepté, en aucune façon, de servir un Dieu dont les voies auraient été à la portée de la compréhension de l’homme.
Dieu est l’astre qui fuit et qu’il faut suivre sans jamais pouvoir s’arrêter.

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