Derrière la douleur, il y a toujours la douleur. La peine, à l’encontre du plaisir, ne porte pas de masque.
Écrivain, 1854-1900 Image : Napoleon Sarony / Adam Cuerden, Domaine public, Wikimedia Commons Derrière la douleur, il y a toujours la douleur. La peine, à l’encontre du plaisir, ne porte pas de masque.
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La Ballade de la Geole de Reading
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Mais toujours le plaisir de douleur s’accompagne.
Il n’est de douleur sans un certain plaisir. Le jour où le corps aura été dominé par le plaisir, il sera aussi dominé par la douleur.
Toute douleur veut être contemplée, ou bien elle n’est pas sentie du tout.
Mais la douleur, elle, ne s’émousse pas. C’est étrange d’ailleurs : l’amour s’use, mais la douleur reste vivace. Elle change de masque, mais demeure. On ne finit jamais de souffrir alors qu’on finit, un jour, d’aimer.
La douleur, c’est comme un corps étranger. On finit par fabriquer une coque, pour ne plus la sentir. Mais on ne peut pas guérir de ce qu’on ne sent pas.
La douleur est toujours question et le plaisir, réponse.
La douleur, c’est le vide.
Notre âme a plus de capacité pour le plaisir que pour la douleur. Une douleur violente fait taire tout sentiment agréable, tandis qu’un plaisir vif ne peut étouffer le sentiment d’une douleur violente.
Il n’est aucune sorte de sensation qui soit plus vive que celle de la douleur ; ses impressions sont sûres, elles ne trompent point comme celles du plaisir.
C’est la douleur seule qui rend consciente la passion, et c’est pourquoi l’on aime souffrir, et faire souffrir.

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