Le ciseau du sculpteur libère la jeune fille, l’athlète ou le cheval du bloc de marbre. De même les signes sont tous prisonniers de l’encre et de l’encrier. Le calame les en libère et les lâche sur la page. La calligraphie est libération.
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- Un artiste peut accepter pour sa part tous les honneurs, à condition que son oeuvre elle, les refuse.
- La statue, comme le corps humain, peut être nue. Le mannequin ne peut pas être nu, il ne peut être que déshabillé.
- Ainsi en est-il des reliques : tout y est si brouillé et confus, qu’on ne saurait adorer les os d’un martyr qu’on ne soit en danger d’adorer les os de quelque brigand ou larron, ou bien d’un âne, ou d’un chien, ou d’un cheval.
- Très loin, au plus profond du secret de notre âme, un cheval caracole... Un cheval, le cheval ! Symbole de force déferlante, de la puissance du mouvement, de l’action.
- Eloquence : Art de convaincre les imbéciles par la parole de ce que le cheval blanc d’Henri IV est effectivement blanc. Cela inclut le talent de prouver que le cheval blanc est également de n’importe quelle autre couleur.
- Un chapeau de paille : un casse-croûte de cheval.
- Mes caractères sont des conglomérats, des fragments de la civilisation présente et passée, des bribes de journaux et de livres, des morceaux d’êtres humains, des lambeaux arrachés à des habits de fête devenus des guenilles.
- Dans la «Vue de Delft» de Vermeer... Un petit pan de mur jaune (qu’il ne se rappelait pas) était si bien peint qu’il était, si on le regardait seul, comme une précieuse oeuvre d’art chinoise, d’une beauté qui se suffisait à elle-même.
- Si le geste baroque se déploie en s’éloignant du corps, celui de Latour est dirigé vers le corps, comme ceux qui expriment le recueillement ou le frisson.
- L’art est, comme la prière, une main tendue dans l’obscurité, qui veut saisir une part de grâce pour se muer en une main qui donne.
- L’honneur d’une femme est gravé dans son corps.
- La composition est comme un jeu avec des pierres de construction; il en résulte toujours un bâtiment nouveau avec les mêmes pierres. Les pierres sont là dès la jeunesse, qui est le seul moment pour les assembler et les conserver; tout est fixé dès lors.
- Tu n’as d’existence qu’au travers de ton empreinte sur la mienne. T’écrire, ce n’est rien d’autre que faire le tour de ton absence. D’écrire l’héritage d’absence. Tu es une forme vide impossible à remplir d’écriture.
- Curieuse entreprise, d’écrire des souvenirs. On tire sur le fil, et on ne sait pas ce qui va en sortir. Comme ces illusionnistes qui extraient de leur bouche, suspendus en guirlande, une fleur, une lame de rasoir, une ampoule allumée, un petit lapin...
- Poser un caillou sur une tombe, c’est déclarer à celui où celle qui y repose que l’on s’inscrit dans son héritage, que l’on se place dans l’enchaînement des générations qui prolongent son histoire.