Ah ! Qu’au ciel et sur terre cesse cet esprit de lutte Et de courroux, qui pousse le plus sage à s’emporter Et qui semble beaucoup plus doux que le miel sur la langue, quand, comme une fumée, il monte dans le coeur de l’homme.
Image : Ah ! Qu’au ciel et sur...

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- Seigneur, donnez-nous le courage de vivre comme si nous croyions à l’enthousiasme; donnez-nous la grâce de vivre notre néant dans des élans de création libératrice. Puissions-nous nous aveugler jusqu’au tourbillon final !
- Quand on est coquette, il faut être sage. L’oiseau de passage Qui vole à plein coeur Ne dort pas en l’air comme une hirondelle, et peut, d’un coup d’aile, briser une fleur.
- Comment sortir de soi ? Parfois cette chose arrive, qui fait que nous ne sommes plus enfermés : un amour sans mesure. Un silence sans contraire. La contemplation d’un visage infini, fait de ciel et de terre.
- La rage de comprendre se transforme en plaisir d’explorer, la nécessité de fouiller l’enfer pour y trouver un coin de paradis se mue en aptitude à rencontrer des insuffleurs d’âmes.
- On peut se laisser choir ou faire le saut de l’ange. Être boiteux ou devenir un flamant rose. Sur ses jambes fragiles, tenir en équilibre avec grâce par le pouvoir de l’esprit, un humour décapant et le courage de rester soi.
- Mes amis, vous êtes une semence jetée par Dieu sur la terre; elle porte dans le coeur une force d’En haut, la force de l’Esprit Saint. Cependant, pour passer de la promesse de vie au fruit, la seule voie possible est d’offrir sa vie par amour, et de mourir par amour.
- Pitié pour la graine que le vent a jetée sur les pierres calcinées et qui meurt dans les tourments en serrant contre son coeur un message inentendu ! Pitié pour la semence qui vient de tomber sur la terre grasse, et qui n’en a pas fini avec ce monde incohérent !
- D’où vient à l’homme la plus durable des jouissances de son coeur, cette volupté de la mélancolie, ce charme plein de secrets, qui le fait vivre de ses douleurs et s’aimer encore dans le sentiment de sa ruine ?
- L’amour, la gloire, l’ambition, l’avarice - rêves ! - Rêves inutiles et mauvais, et dont pas un n’est meilleur ni pire, car ce n’est toujours qu’un même météore sous des noms différents, et la mort est la sombre fumée où va s’éteindre sa flamme.
- L’air frais des champs; voilà notre vraie place; il semble que là l’esprit de Dieu entoure l’homme de son souffle, et qu’il soit soumis à une influence divine.
- Ce monde entier n’est qu’une ombre fugitive donnée à l’homme pour lui faire illusion; les sourires de la joie; les larmes de la douleur sont des faux-semblants, qui trompeurs brillent, et trompeurs s’écoulent. Il n’est rien de vrai que le ciel !
- Quelle souffrance que d’être ainsi vivant. Quelle abomination, quelle pourriture ! Comment mon corps, ce corps qui est à moi, qui appartient ou qui est le maître de cet esprit pas particulièrement attaché à la vie, a-t-il la force, le courage d’exister ?
- Si tu veux éprouver le bonheur d’aimer, oublie ton âme. - C’est l’âme qui gâte l’amour. - En Dieu seul elle peut trouver stisfaction, - Non, dans une autre âme - - En Dieu seul - ou hors du monde.
- Mais non; je ne veux point d’une félicité que peut flétrir la clairvoyance. Il faut savoir retrouver le bonheur par delà. Acceptation; confiance; sérénité; vertus de vieillard. L’âge de la lutte avec l’ange est passé.