Nous sommes, chacun de nous, responsables de chaque guerre, à cause de l’agressivité de notre propre vie, à cause de notre nationalisme, de notre égoïsme, de nos dieux, de nos préjugés, de nos idéaux, qui nous divisent.
Philosophe, 1895-1986Nous sommes, chacun de nous, responsables de chaque guerre, à cause de l’agressivité de notre propre vie, à cause de notre nationalisme, de notre égoïsme, de nos dieux, de nos préjugés, de nos idéaux, qui nous divisent.
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La guerre puise en elle même sa propre énergie et sa propre justification. On se bat parce qu’on s’est battu.
C’est la guerre qui nous a appris à aimer ce qui n’est pas à nous et à compter pour rien ce que nous possédons.
La guerre consiste à faire tout ce qu’on peut pour que ce soit à l’autre qu’incombe le rôle de désespéré.
L’idée de patrie est liée à l’idée de guerre. Etant donné ce qu’est devenue la guerre dans le monde actuel, elle fait de la Patrie la force la plus immédiatement dangereuse qui circule au milieu de nous.
La guerre est un acte de violence destiné à contraindre l’adversaire à exécuter notre volonté.
Faire la guerre, c’est attaquer ensemble quand on est d’accord, et se défendre ensemble quand on ne l’est pas.
Si sauvage qu’elle soit par nature, la guerre n’en porte pas moins la marque des faiblesses humaines, et la contradiction que nous constatons ici, c’est à dire le fait que l’homme cherche et crée le danger tout en le redoutant, ne surprendra personne.
En attendant, nous pouvons nous dire : tout ce qui travaille au développement de la culture travaille aussi contre la guerre.
Pour cri de guerre raison, tolérance, humanité.
La guerre est mère de toutes choses, reine de toutes choses, et elle fait apparaître les uns comme dieux, les autres comme hommes, et elle fait les uns libres et les autres esclaves.

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