Celui qui ne fait pas, et n’imagine pas le mal, est porté non pas à nier l’existence du mal, mais à refuser de croire à la fatalité du mal, à se refuser d’admettre que le mal soit inévitable et inguérissable.
Image : Celui qui ne fait pas, et...

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- Croire que parce que ses yeux n’expriment rien, un être ne souffre pas, est une erreur facile à commettre.
- Ne pas croire qu’une chose existe parce qu’il serait trop horrible qu’elle n’existât pas. Il n’y a pas de preuve par l’horrible.
- L’innocence, c’est l’ignorance. Toute révélation est un viol. Une fois chassé, le naturel ne revient pas au galop, comme a voulu le faire croire Destouches.
- La bourgeoisie est toujours condamnée à mort, elle en répand elle-même assez complaisamment la nouvelle et continue pourtant à vivoter sans avoir l’air de croire à sa mort et toujours optant pour les solutions mortelles.
- Quelque méchants que soient les hommes, ils n’oseraient paraître ennemis de la vertu, et lorsqu’ils la veulent persécuter, ils feignent de croire qu’elle est fausse ou ils lui supposent des crimes.
- La dévotion chez certaines natures se borne à croire à l’enfer pour autrui.
- Le tort commun des malheureux est de ne jamais vouloir croire à ce qui leur est favorable.
- Combien de tragédies sont provoquées par des gens qui, tout en disant qu’ils veulent le bien, sont incapables de réagir raisonnablement devant une petite vexation, une injustice sans gravité.
- La seule façon pour Dieu de s’exonérer d’une responsabilité écrasante, c’est de ne pas exister. On peut pardonner à Dieu s’il n’existe pas. S’il existe, je crains qu’il ne faille trop souvent le maudire.
- Ceux qui disent que la vie n’est qu’un assemblage de malheurs veulent dire que la vie même est un malheur. Si elle est un malheur, la mort est donc un bonheur.
- La suprême astuce du diable, c’est précisément de faire croire qu’il n’existe pas.
- Vivre dans un monde où nul n’est pardonné, où la rédemption est refusée, c’est comme vivre en enfer.
- Qui affronte un système doit croire en un autre système. Qui affronte Dieu n’a pas besoin de croire, seulement de vivre sous son regard : c’est amplement suffisant comme foi.
- Pour l’athée, l’hypothèse de l’existence de Dieu n’est pas à retenir : celle de l’existence du diable reste à considérer. En tout cas des deux hypothèses la deuxième lui paraîtra la moins déraisonnable.
- Le péché c’est vouloir ne plus dépendre de Dieu, affirmer que notre destinée se réalise par nos seuls efforts, sans l’aide divine. C’est prétendre discerner seul ce qui est bien de ce qui est mal, et que l’on peut accéder au salut par soi-même.