Pour célébrer la mémoire de tous les écrivains passés je propose un siècle de silence.
Écrivain, 1868-1955Pour célébrer la mémoire de tous les écrivains passés je propose un siècle de silence.
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Les misères de la vie enseignent l’art du silence.
J’ai longtemps aimé le silence pour lire. La quiétude d’un néant quelconque, impersonnel, pour savourer pleinement le cataclysme sonore des mots.
J’écris pour tenir tête au silence établi, pour rallumer des mots éteints par l’habitude et les garder vivants face à cette hébétude qui pétrifie le cœur et nous désunit.
L’écriture est parole et silence à la fois.
Aujourd’hui que je regrette encore mes chimères sans les poursuivre, je veux remonter le penchant de mes belles années : ces Mémoires seront un temple de la mort élevé à la clarté de mes souvenirs.
C’est mon art le plus cher et ma plus chère méchanceté d’avoir appris à mon silence à ne pas se trahir par le silence.
Si vous ne voulez pas qu’on vous oublie, le jour où vous serez mort et pourri, écrivez des choses qui valent la peine d’être lues ou faites, des choses qui valent la peine d’être écrites.
La littérature est encore la manière la plus agréable d’ignorer la vie.
Se taire, aimer, écrire, c’est un perpétuel triomphe en toute chose de l’adieu.
On offre aux morts une minute de silence.
Ils en possèdent une éternité.
Peut-être souhaiteraient-ils une minute de notre bruit de vivants ?

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