Car c’est à la vérité une violente et traîtresse maîtresse d’école que la coutume. Elle établit en nous, peu à peu, à la dérobée, le pied de son autorité.
Philosophe, 1533-1592 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons Car c’est à la vérité une violente et traîtresse maîtresse d’école que la coutume. Elle établit en nous, peu à peu, à la dérobée, le pied de son autorité.
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Source secondaire
Essais I (1580), chapitre XXIII De la coutume et de ne changer aisément une loi reçue, p. 258
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La plupart de nos professeurs sont des créatures minables, qui semblent s’être donné pour tâche de barricader la vie de leurs élèves et de la transformer, finalement et définitivement, en une épouvantable déprime.
Les professeurs, en présence de certains talents éclatants, éprouvent de la répugnance et de l’horreur. Tout élève de ce genre fausse le sens entier et l’utilité de l’enseignement.
L’éducation est sans doute toujours à deux faces : elle consiste, d’une part, à réprimer le mouvement qui pousse les enfants dans leur ignorance à l’assaut de la vérité ; d’autre part à les humilier pour les amener ensuite peu à peu et insensiblement dans le mensonge.
Il y a quelque chose de puéril dans la mélancolie, on veut punir la vie parce qu’on estime qu’elle nous a punis, on est comme ces enfants qui boudent et bientôt ne savent plus sortir de leur bouderie.
Tout le mal qu’on dit de l’école nous cache le nombre d’enfants qu’elle a sauvés des tares, des préjugés, de la morgue, de l’ignorance, de la bêtise, de la cupidité, de l’immobilité ou du fatalisme des familles.
Ce qui abrutit le peuple, ce n’est pas le défaut d’instruction, mais la croyance en l’infériorité de son intelligence. Et ce qui abrutit les « inférieurs » abrutit du même coup les « supérieurs ».
La vérité jaillira de l’apparente injustice.
Un dictacteur n’est qu’une fiction. Son pouvoir se dissémine en réalité entre de nombreux sous-dictateurs anonymes et irresponsables dont la tyrannie et la corruption deviennent bientôt insupportables.
L’adolescente nubile ne devient matrone que si on lui fait violence. Elle accède à sa vie de femme par une violence brutale. Jeune vierge hier, femme-amphore le lendemain, s’opposant à la minceur de l’éphèbe.
Il est des fidélités qui conduisent à la trahison.

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