Si beau que soit l’ostensoir, ce n’est qu’au moment où on ferme les yeux qu’on sent passer Dieu.
Écrivain, 1871-1922 Image : Otto Wegener, Domaine public, Wikimedia Commons Si beau que soit l’ostensoir, ce n’est qu’au moment où on ferme les yeux qu’on sent passer Dieu.
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Source vérifiée
Jean Santeuil (1952), partie IV, chapitre 1
La figure de Traves était la figure d’un homme et sa conversation exprimant par un enchaînement logique des mots, des idées, était aussi d’un homme et en cela avait quelque chose de raisonnable, de commun à tout le monde. Néanmoins, cette conversation était fort remarquable (maissi beau que soit l’ostensoir, ce n’est qu’au moment où on ferme les yeux qu’on sent passer Dieu), quoiqu’elle n’eût en rien le brillant de celle de Perrotin. Mais Jean avait remarqué que chez ceux dont l’art est d’écrire la parole est bien plus simple. Ils n’y mettent aucun de ces jeux, de ces fantaisies qui naissent sous leur plume. …
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Où n’atteint pas l’œil de l’homme pénètre le regard de Dieu.
Le repos est le plus grand bien : et si Dieu n’était pas le repos, je lui ferme les deux yeux moi-même.
Dieu ne s’offre que dans l’anéantissement de l’esprit. La nuit intérieure est préalable à toute contemplation de Dieu.
Quand on se voit au bord de l’abîme et qu’il semble que Dieu vous ait abandonné, on n’hésite plus à attendre de lui un miracle.
Plus nous ouvrons les yeux, plus la nuit est profonde ;
Dieu n’est qu’un mot rêvé pour expliquer le monde,
Un plus obscur abîme où l’esprit s’est lancé.
Dieu est une mèche discrète qui, par toi, sera clarté ; car elle attend, sous le verre, le geste de feu qui en fera ta lampe.
Dieu est si bon qu’il affaiblit notre vue au fur et à mesure que se creusent nos rides.
Si Dieu fermait un instant les yeux et qu’il retirât à lui sa main puissante, le monde entier s’évanouirait comme un songe.
Dieu a répandu nos chemins avec des merveilles et nous ne devrions certainement pas traverser la vie avec les yeux fermés.
Un tête-à-tête permanent avec Dieu, dans cette vie, serait accablant. Il faut à l’amour un peu d’absence.

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