Baisers, baves d’amour, basses béatitudes, o mouvements marins des amants confondus, mon cœur m’a conseillé de telles solitudes, et j’ai placé si haut mes jardins suspendus.
Écrivain, 1871-1945 Image : Henri Manuel, Domaine public, Wikimedia Commons Baisers, baves d’amour, basses béatitudes, o mouvements marins des amants confondus, mon cœur m’a conseillé de telles solitudes, et j’ai placé si haut mes jardins suspendus.
Écrivain, 1871-1945 Image : Henri Manuel, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
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Poesies
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J’ai vécu jour après jour la différence entre lui et moi, coulé dans un univers rétréci, bourrée jusqu’à la gueule de minuscules soucis. De solitude. Je suis devenue la gardienne du foyer, la préposée à la subsistance des êtres et à l’entretien des choses.
J’étais dans une apesanteur de fin d’histoire d’amour, la brusque suspension des sentiments, une sorte de vertige que donnent le détachement, la distance, une appréhension différente du temps.
Je suis seul, capable encore et plus que jamais d’éprouver la passion. L’ennui, l’ennui que je cultive avec une rigoureuse inconscience pare ma vie de l’uniformité d’où jaillissent la tempête et la nuit et le soleil.
Tristesse au cœur.
Quand je t’entends, coucou, – ma solitude est plus profonde…
La solitude me désespère ; la compagnie des autres me pèse. La présence d’autrui dévie mes pensées ; je rêve cette présence avec une distraction d’un type spécial, que toute mon attention analytique ne parvient pas à définir.
Dans la mesure où ma vie était devenue cette sorte d’autoroute au soleil de la passion, je supportais mal d’y voir la moindre ombre portée.
Par la couleur du ciel et les plaintes du vent,
Par les tons nuancés du feuillage mouvant,
Par mon désir de rêve et mon cœur qui frissonne,
J’ai senti de là-bas venir vers nous l’automne.
J’ai tant reçu de la vie, de joie, de tendresse, de plaisir, d’amitié, de bonheur, de savoir, que ma seule angoisse est de n’avoir pas su donner assez avant de m’endormir…
Sentiments timides, douce mélancolie, franchise et bonté d’une âme qui s’éprend, joie languide des premiers attendrissements de l’amour, où êtes-vous ?
Je remplace la mélancolie par le courage, le doute par la certitude, le désespoir par l’espoir, la méchanceté par le bien, les plaintes par le devoir, le scepticisme par la foi, les sophismes par la froideur du calme et l’orgueil par la modestie.

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