J’ai appris depuis longtemps que, pour soigner mes blessures, je devais avoir le courage de les regarder en face.
Écrivain Image : Lula Oficial, CC BY-SA 2.0, Wikimedia Commons J’ai appris depuis longtemps que, pour soigner mes blessures, je devais avoir le courage de les regarder en face.
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Aleph
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J’ai découvert que l’on pouvait supporter l’insupportable si l’on gardait le moral, même quand le corps souffrait.
Quand le trait qui nous frappe est encore aiguisé par l’ingratitude, la blessure est d’autant plus vive.
Je vois que toujours la souffrance engendre une plus grande connaissance de la vérité que la sérénité de tous les sages. Ce que je sais, ce sont des malheureux qui me l’ont appris ; ce que j’ai vu, c’est le regard de la douleur qui me l’a montré.
On était comme deux blessés qui n’osent pas se toucher de peur de se faire mal. Et qui se contentent d’esquisser quelques gestes à travers leurs bandages, le plus doucement possible pour ne pas faire craquer les pansements.
Quand tu souffriras beaucoup, regarde ta douleur en face, elle te consolera elle-même et t’apprendra quelque chose.
Partout où je vois la souffrance, c’est là que je veux être, en faisant ce que je peux.
Ma souffrance est ma vengeance contre moi-même.
Moi-même, j’étais à quelques pas de mon inconnue, combattant pour ne pas être écrasé, et jouant des coudes et du corps.
J’ai cherché des moyens de me guérir moi-même et j’ai trouvé que la gentillesse était le meilleur moyen.
Aussi longtemps qu’on médite sa vengeance, on garde sa blessure ouverte.

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