Afin que la passion ne nuise point, faisons comme s’il n’y avait que huit jours de vie.
Écrivain, 1623-1662 Image : Clermont Auvergne Métropole, Bibliothèque du patrimoine, GRA 6025, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons Afin que la passion ne nuise point, faisons comme s’il n’y avait que huit jours de vie.
Écrivain, 1623-1662 Image : Clermont Auvergne Métropole, Bibliothèque du patrimoine, GRA 6025, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Pensées (1670), Pensées, section III
Le texte original diffère de quelques mots.
Fascinatio nugacitatis. —Afin que la passion ne nuise point, faisons comme s’il n’y avait que huit jours de vie.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Il est des jours heureux ; il n’est point de vie heureuse : ce serait un songe enchanteur sans réveil.
Notre existence s’écoule en quelques jours. Elle passe comme le vent du désert. Aussi, tant qu’il te restera un souffle de vie, il y a deux jours dont il ne faudra jamais t’inquiéter : le jour qui n’est pas venu et celui qui est passé. Alors tu vivras en paix.
La vie n’est guère plus qu’une fraction de seconde. Un peu de temps pour se préparer à l’éternité !
Pour un mort sept jours de deuil ; pour le sot et pour l’impie tous les jours de leur vie.
Pour le bonheur qui dure je doute qu’il y soit connu. À peine est-il dans nos plus vives jouissances un instant où le cœur puisse véritablement nous dire : je voudrais que cet instant durât toujours.
Quiconque arrose dans son cœur la plante de l’Amour n’a pas un seul jour de sa vie qui soit inutile.
Que vaut le temps, s’il n’en reste plus pour s’émouvoir, s’attendrir, aimer ? Ce n’est pas nous qui décidons de notre temps, mais le temps qui tisse les jours, fait et défait les volontés, les aspirations de l’homme.
Voilà peut-être ce qu’il faudrait accepter : on ne fait que passer. Et quand bien même l’amour, le combat, la souffrance à en devenir fou… De tout ça un jour il ne reste rien.
L’amour ça va ça vient, c’est pas pour toujours. Un feu il faut forcément qu’il s’éteigne à un moment ou à un autre. On a beau rajouter du petit bois, arrive une heure où on a épuisé ses réserves et puis c’est tout.
La vie est ainsi faite que, pour la supporter, il faut chaque jour la déposer pour reprendre haleine, et se restaurer par un avant-goût et comme une petite part de mort.

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