Pour vouloir soutenir le courroux qu’on me donne,
Mon cœur a trop su me trahir :
Dire qu’on ne saurait haïr,
N’est-ce pas dire qu’on pardonne ?
Dramaturge · 1622-1673 Image : Pierre Mignard I · Domaine public · Wikimedia Commons Pour vouloir soutenir le courroux qu’on me donne,
Mon cœur a trop su me trahir :
Dire qu’on ne saurait haïr,
N’est-ce pas dire qu’on pardonne ?
Dramaturge · 1622-1673 Image : Pierre Mignard I · Domaine public · Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Amphitryon (1668), acte II, scène 6, Alcmène
… Résolvez ici l’un des deux: Ou de punir, ou bien d’absoudre. Alcmène Hélas! ce que je puis résoudre Paraît bien plus que je ne veux.Pour vouloir soutenir le courroux qu’on me donne, Mon cœur a trop su me trahir: Dire qu’on ne saurait haïr, N’est-ce pas dire qu’on pardonne?Jupiter Ah! belle Alcmène, il faut que, comblé d’allégresse… Alcmène Laissez: je me veux mal de mon trop de faiblesse. …
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
On n’a pas tant d’esprit quand on demande pardon que quand on offense.
Si j’aimais quelqu’un, je n’aurais point de plus grand plaisir que de le voir aimé de tout le monde.
L’amour a, pour nous prendre,
De si doux attraits,
Que, de soi, sans attendre,
On voudrait se rendre
À ses premiers traits ;
Mais tout ce qu’on écoute
Des vives douleurs
Et des pleurs qu’il nous coûte,
Fait qu’on en redoute
Toutes les douceurs.
Il est bien fâcheux de perdre ce qu’on aime.
L’emportement d’un cœur qui peut s’être abusé
A de quoi ramener une âme qu’il offense ;
Et dans l’amour qui lui donne naissance
Il trouve au moins, malgré toute sa violence,
Des raisons pour être excusé.
Peut-on être jamais satisfait en soi-même,
Lorsque par la contrainte on obtient ce qu’on aime ?
C’est un triste avantage, et l’amant généreux
À ces conditions refuse d’être heureux.
Tout parle dans l’amour, et sur cette matière
Le moindre jour doit être une grande lumière ;
Puisque chez notre sexe, où l’honneur est puissant,
On ne montre jamais tout ce que l’on ressent.
Souvent d’un faux espoir un amant est nourri :
Le mieux reçu toujours n’est pas le plus chéri ;
Et tout ce que d’ardeur font paraître les femmes
Parfois n’est qu’un beau voile à couvrir d’autres flammes.
Ce sont des douceurs exquises que des louanges éclairées.
Laissons raisonner les sots
Sur le vrai bonheur de la vie ;
Notre philosophie
Le met parmi les pots.

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