Vivre seul c’est prendre plaisir à manger du céleri rémoulade dans son papier d’emballage.
1933-2003Vivre seul c’est prendre plaisir à manger du céleri rémoulade dans son papier d’emballage.
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Pensées, répliques, textes et anecdotes
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Sur la fadeur de la nourriture de base, viennent se poser les saveurs éclatantes des épices, comme autant de couleurs vives sur une page blanche.
Pour moi, je dirais au contraire qu’il n’y a que les Français qui ne savent pas manger, puisqu’il faut un art si particulier pour leur rendre les mets mangeables.
Chez nous, on mangeait à la carte : celui qui tirait l’as de pique mangeait.
C’est en regardant les objets du quotidien, tel un couteau à beurre, que l’on se rend compte que quelqu’un est parti et qu’il ne reviendra plus ; un stupide couteau à beurre qui taille à jamais des tranches de solitude dans votre vie.
Manger un fruit, c’est faire entrer en soi un bel objet vivant, étranger, nourri et favorisé comme nous par la terre ; c’est consommer un sacrifice où nous nous préférons aux choses.
Il y a dans la mise en scène d’un bon repas autre chose que l’exercice d’un code mondain ; il rôde autour de la table une vague pulsion scopique : on regarde (on guette ?) sur l’autre les effets de la nourriture.
La saveur du pain partagé n’a point d’égale.
L’homme qui n’a pas de patience mangera de la noix de coco avant le temps.
La plupart des faiseurs de recueils de vers ou de bons mots ressemblent à ceux qui mangent des cerises ou des huîtres, choisissant d’abord les meilleures, et finissant par tout manger.
La vache rouge et blanche Que j’aime à la folie Me donne de la crème à volonté Qu’avec ma tarte aux pommes, je peux manger.

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