Il y a dans toute œuvre d’art une tentation surmontée de suicide.
Écrivain, 1926-2016Il y a dans toute œuvre d’art une tentation surmontée de suicide.
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Entretiens : quarante ans de vie littéraire
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Le suicide comme la folie ne sont peut-être que d’habiles tours de passe-passe destinés à conjurer l’angoisse du vide.
L’art scénique, le seul qui tire l’œuvre de sa fixité irrémédiable, de son irrémédiable solitude, est le plus beau et le plus tragique de tous. Il vit comme la vie, il meurt comme la vie.
Le suicide, cette mystérieuse voie de fait sur l’inconnu.
Le suicide, mais c’est la force de ceux qui n’en ont plus, c’est l’espoir de ceux qui ne croient plus, c’est le sublime courage des vaincus.
Partout même habitude de se donner corps et âme, même besoin de se dévouer, même désir de porter et d’exercer quelque part l’art de bien souffrir et de bien mourir.
Le courage de la mort lui gonfla l’âme.
Si vous ne pouvez pas vous réconcilier avec la chaleur de votre sang, calez-vous la tête sous l’eau. Vous allez mourir. Le suicide aussi est un poème, en un certain sens. Il paraît même que c’est une œuvre d’art.
C’est un des privilèges prodigieux de l’Art que l’horrible, artistement exprimé, devienne beauté, et que la douleur rythmée et cadencée remplisse l’esprit d’une joie calme.
Pour qu’un suicide en vaille la peine, il faut le fabriquer sur mesure.
Peindre, sculpter, écrire, composer des hymnes, des opéras, des élégies, c’est montrer à la mort sa faillite.

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