C’est tenter Dieu que d’aimer la douleur.
Écrivain, 1810-1857 Image : Charles Landelle, Domaine public, Wikimedia Commons C’est tenter Dieu que d’aimer la douleur.
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Poésies nouvelles (1850), À la Malibran, 23
Ne savais-tu donc pas, comédienne imprudente, Que ces cris insensés qui te sortaient du cœur De ta joue amaigrie augmentaient la pâleur? Ne savais-tu donc pas que, sur ta tempe ardente, Ta main de jour en jour se posait plus tremblante, Et quec’est tenter Dieu que d’aimer la douleur?
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Qu’est-ce que se résigner ? C’est mettre Dieu entre la douleur et soi.
Souviens-toi que la douleur élève les âmes vraiment grandes et que ce n’est que le vulgaire qu’elle rend méchant.
Il faut avoir aimé dans la douleur pour savoir ce que c’est vraiment qu’aimer.
Aimer, c’est donner à quelqu’un le droit – sinon le devoir – de nous faire souffrir.
La douleur, elle aussi, fait partie de l’amour.
Enfin, il m’a expliqué que la souffrance naissait quand nous attendons que les autres nous aiment comme nous l’imaginons, et non comme l’amour doit se manifester – librement, sans contrôle, nous guidant de sa force et nous empêchant de nous arrêter.
La douleur est comme la passion. Pour s’en délivrer, il faut l’assouvir, toute.
On peut voir le nécessaire, le comprendre, le vouloir, l’aimer même, tout en se sentant pénétré d’une douleur infinie.
L’amour des hommes est bas, mais il s’élève en pentes douloureuses et mène à Dieu.
Soyez béni, mon Dieu, qui donnez la souffrance comme un divin remède à nos impuretés !

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