La douleur, elle aussi, fait partie de l’amour.
1892-1973La douleur, elle aussi, fait partie de l’amour.
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Pivoine
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Il faut avoir aimé dans la douleur pour savoir ce que c’est vraiment qu’aimer.
Mais la douleur, elle, ne s’émousse pas. C’est étrange d’ailleurs : l’amour s’use, mais la douleur reste vivace. Elle change de masque, mais demeure. On ne finit jamais de souffrir alors qu’on finit, un jour, d’aimer.
C’est la douleur seule qui rend consciente la passion, et c’est pourquoi l’on aime souffrir, et faire souffrir.
L’amour est nécessairement la cause de souffrances. Apprenez que l’autre est, avant tout, celui qui nous fait ou fera souffrir car il se dérobe toujours à nous, tôt ou tard, franchement ou par des voies détournées, consciemment ou inconsciemment, totalement ou partiellement.
On a souvent décrit la souffrance de l’amour éconduit, jamais celle de l’amour partagé.
La douleur est comme la passion. Pour s’en délivrer, il faut l’assouvir, toute.
Oh ! La promesse de souffrance est, depuis toujours, le principal ferment de l’amour.
De nos cris de douleur naîtront des mots d’amour.
On peut voir le nécessaire, le comprendre, le vouloir, l’aimer même, tout en se sentant pénétré d’une douleur infinie.
À celui qui n’a jamais souffert, l’amour offre un beau baptême de la douleur.

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