Les rois sont avec leurs ministres comme les cocus avec leurs femmes : ils ne savent jamais ce qui se passe.
Philosophe, 1694-1778 Image : Nicolas de Largillière, CC0, Wikimedia Commons Les rois sont avec leurs ministres comme les cocus avec leurs femmes : ils ne savent jamais ce qui se passe.
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Commentaires sur Corneille ; Mélanges
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Quand ils se tiennent devant vous les rois deviennent un genre de problème d’élocution.
Est-ce au peuple, madame, à se choisir un maître ? Sitôt qu’il hait un roi doit-on cesser de l’être ? Sa haine ou son amour sont-ce les premiers droits, qui font monter au trône ou descendre les rois ?
Les rois font des hommes comme des pièces de monnaie ; ils les font valoir ce qu’ils veulent, et l’on est forcé de les recevoir selon leur cours, et non pas selon leur véritable prix.
Un sujet fidèle ne sert pas deux princes ; une femme vertueuse ne prend pas un second mari.
Les rois ne sont que les esclaves de leur condition, ils ne sauraient suivre leur cœur.
La plupart des princes sont comme les enfants : ils caressent vivement, et oublient vite.
Quand les mendiants meurent, on ne voit pas de comètes ; les cieux eux-mêmes embrasent la mort des princes.
Le Ciel seul peut faire les dévots ; les Princes font les hypocrites.
Satan se déguise bien en ange de lumière. Ce n’est donc pas merveille si ses ministres se déguisent en ministres de justice.
On ne sait jamais qui on épouse ; le mariage vous l’apprendra.

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