Quiconque a pensé pensera toujours ; et l’entendement une fois exercé à la réflexion, ne peut plus rester en repos.
Écrivain · 1712-1778 Image : Maurice Quentin de La Tour · Domaine public · Wikimedia Commons Quiconque a pensé pensera toujours ; et l’entendement une fois exercé à la réflexion, ne peut plus rester en repos.
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Source vérifiée
Émile, ou De l’éducation (1782), livre IV
L’homme ne commence pas aisément à penser; mais sitôt qu’il commence il ne cesse plus.Quiconque a pensé pensera toujours; & l’entendement une fois exercé à la réflexion, ne peut plus rester en repos.On pourroit donc croire que l’esprit humain n’est point naturellement si prompt à s’ouvrir, & qu’après lui avoir donné des facilités qu’il n’a pas, je le tiens trop long-tems inscrit dans un cercle d’idées qu’il doit avoir franchi.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
C’est seulement lorsqu’on ne voit pas de terme à sa pensée, qu’il faut penser.
Du moment que la pensée n’est pas tout, elle n’est qu’un égarement de ce qui n’est pas elle.
Penser ne suffit pas : il faut penser à quelque chose.
Une pensée est une idée de passage.
Toute pensée est vivante à condition qu’elle s’échange, elle n’est pas figée ou bien elle est morte.
L’esprit qui s’obstine finira par plier les choses à son idée, au lieu de régler sa pensée sur les choses.
Une pensée n’est parfaite que lorsqu’elle est disponible, c’est-à-dire lorsqu’on peut la détacher et la placer à volonté.
On a déjà pensé à tout ; le problème est d’y penser de nouveau.
Et si en aurons encore le repos de l’esprit plus assuré, ces choses là nous estans presentes, si nous nous les figurons en notre pensée absentes.
Penser ne consiste pas à avoir des idées, à faire des discours savants. Penser, c’est rester ouvert, questionnant.

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