Quand on se met en couple, chacun vient avec un sac à dos plein de pierres. Les pierres représentent notre passé et conditionnent qui nous sommes aujourd’hui. Pour certains, le sac à dos est plus lourd à porter que pour d’autres.
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- Nul n’est fait pour quiconque et c’est heureux, car nous sommes quatre milliards : la recherche d’un prédestiné ressemblerait à celle d’une aiguille dans un tas de foin. Un couple est toujours improbable; il est toujours possible.
- Inversion des rôles traditionnels dans le couple moderne : c’est la femme qui porte la culotte et l’homme qui arbore la boucle d’oreille.
- Un couple épanoui ne s’étiole qu’ailleurs. Ceux qui ne s’étiolent qu’ensemble ne forment pas un couple, mais une imposture.
- Un couple qui réussit est un peu plus qu’un homme plus une femme. C’est un équilibre et un mouvement un peu mystérieux.
- La composition est comme un jeu avec des pierres de construction; il en résulte toujours un bâtiment nouveau avec les mêmes pierres. Les pierres sont là dès la jeunesse, qui est le seul moment pour les assembler et les conserver; tout est fixé dès lors.
- A force d’avoir les yeux dans la poche, on finit par avoir des poches sous les yeux.
- Nous avons donc grandi ensemble comme une double cerise, semblant séparée, mais pourtant une union en cloison, deux jolies baies moulées sur une seule tige.
- Pourquoi nous disputer la montagne ou la plaine ? Notre tente est légère, un vent va l’enlever; La table où nous rompons le pain est encor pleine, que la mort, par nos noms, nous dit de nous lever !
- Nos vies avaient la résistance de la pierre et nos pierres l’éternité de la vie.
- Nous emmagasinons une kyrielle de souvenirs, tous aussi romantiques les uns que les autres, avec l’air de croire qu’ils nous épargneront la douleur et le deuil.
- Quand on débarque dans la vie active, on se trimbale avec les bagages de ses parents. Et puis, on lâche les valises de son passé pour faire les siennes.
- L’amour et la beauté n’ont rien à voir. On les met dans le même sac par facilité. Ça revient à enfermer une étoile et un clou ensemble parce qu’on peut accrocher quelque chose dessus.
- Nieras-tu que nous soyons cachés à l’intérieur de nous-mêmes comme la statue dans le bloc de marbre ? Il faut se sculpter soi-même ! On doit s’y contraindre les uns les autres !
- Ce qu’on achète avec de l’argent ou des marchandises est acheté par du travail, aussi bien que ce que nous acquérons à la sueur de notre front. Cet argent et ces marchandises nous épargnent, dans le fait, cette fatigue.
- Ainsi en est-il des reliques : tout y est si brouillé et confus, qu’on ne saurait adorer les os d’un martyr qu’on ne soit en danger d’adorer les os de quelque brigand ou larron, ou bien d’un âne, ou d’un chien, ou d’un cheval.