Une profession délivre de penser; en cela réside sa grande bénédiction. Car elle est un rempart derrière lequel on peut légitimement se retirer quand les soucis et les soins de toute sorte viennent nous assaillir.
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- Avouer que le mensonge est une condition vitale, c’est là, certes, s’opposer de dangereuse façon aux évaluations habituelles, et il suffirait à une philosophie de l’oser pour se placer ainsi par-delà le bien et le mal.
- Une fois qu’une décision est prise, il faut fermer les oreilles aux meilleurs arguments contraires. C’est l’indice d’un caractère fort. Par occasion il faut donc faire triompher sa volonté jusqu’à la sottise.
- Connaître, c’est comprendre toute chose au mieux de nos intérêts.
- Il semble que la psychanalyse soit la troisième de ces professions impossibles où l’on peut d’avance être sûr d’échouer, les deux autres, depuis bien plus longtemps connues, étant l’art d’éduquer les hommes et l’art de gouverner.
- On naît, on se marie, on meurt. Parfois, quand on y songe sérieusement, on se pose des questions embarrassantes. Mais la plupart du temps, on se laisser aller et c’est mieux ainsi.
- Les chefs-d’œuvre ne sont pas nés seuls et dans la solitude, ils sont le résultat de nombreuses années de pensées en commun, de pensées élaborées par l’esprit d’un peuple entier, de sorte que l’expérience de la masse se trouve derrière la voix d’un seul.
- La philosophie est l’art de supporter les infortunes des autres.
- Il faut tout dire : le travail donne une satisfaction un peu béate. Il y a dans la paresse un état d’inquiétude qui n’est pas vulgaire, et auquel l’esprit doit peut-être ses plus fines trouvailles.
- Travailler est une bénédiction quand cela nous aide à penser à ce que nous sommes en train de faire. Mais cela devient une malédiction quand cela n’a d’autre utilité que de nous éviter de penser au sens de notre vie.
- Or, si la plupart des majordomes, je suis prêt à le concéder, risquent de découvrir en dernière instance que la capacité d’y parvenir leur manque, je crois profondément que cette dignité est un objectif que l’on peut viser avec profit tout au long d’une carrière.
- Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C’est de là qu’il faut nous relever, et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. - Travaillons donc à bien penser : voilà le principe de la morale.
- De même que l’expérience réconcilie la pensée formelle avec la réalité des choses, le travail professionnel marque définitivement l’accès à l’age adulte.
- C’est que la sagesse est un travail, et que pour être seulement raisonnable, il faut se donner beaucoup de mal, tandis que pour faire des sottises, il n’y a qu’à se laisser aller.
- La pensée est une maladie. L’être heureux, c’est l’idiot, le gâteux. - Non, l’être heureux par excellence serait celui qui aurait juste assez d’intelligence pour apprécier ses jouissances matérielles, être heureux de digérer.
- Le mal est un art à ne pas mettre entre toutes les mains. Trop d’amateurs encombrent la carrière...