Près d’elle, derrière elle, miss Barnay se dissimule dans un éloquent silence et laisse l’autre se pavaner.
Écrivain, 1869-1951 Image : Ottoline Morrell (1873-1938), Domaine public, Wikimedia Commons Près d’elle, derrière elle, miss Barnay se dissimule dans un éloquent silence et laisse l’autre se pavaner.
Écrivain, 1869-1951 Image : Ottoline Morrell (1873-1938), Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
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Journal (1922)
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Elle ne savait pas que l’Enfer, c’est l’absence.
La timidité de cet homme se communiquait à elle et la gênait ; elle n’était pas accoutumée à ce silence, à cette attitude pleine d’égards et de soumission.
Le silence extérieur ouvre les portes du silence intérieur.
Ecoute ce silence, dit Marguerite, tandis que le sable bruissait légèrement sous ses pieds nus, écoute, et jouis de ce que tu n’as jamais eu de ta vie le calme.
Au-delà encore du silence, il y a la solitude terminale, entre l’abandon et la trahison.
La femme excuse tout, hormis l’indifférence.
Les épreuves de la vie l’ont forcée, l’ont enlevée à l’existence qu’elle avait espérée, mais elles ne lui ont pas fait baisser les yeux.
Il parvenait à la faire taire juste avec un sourire, et sa légèreté taciturne donnait à Ingrid le sentiment que, d’une certaine façon, les mots étaient un moyen de s’éloigner, de perdre le contact alors que l’on croyait précisément l’établir.
Quand deux personnes se taisent, ce silence est parfois bien plus éloquent que si elles parlaient.
Mais les instants passaient, et, à chaque seconde écoulée, le silence semblait entre eux se figer davantage.

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