Elle ne savait pas que l’Enfer, c’est l’absence.
Écrivain, 1844-1896Elle ne savait pas que l’Enfer, c’est l’absence.
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Source vérifiée
Jadis et naguère (1884), Amoureuse du diable
… Elle tire un petit couteau. Elle tire un petit couteau. Le temps de luire Et la lame est entrée à deux lignes du cœur. Le temps de dire, en renfonçant l’acier vainqueur; « À toi, je t’aime! » et la justice la recense.Elle ne savait pas que l’Enfer c’est l’absence.
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Tous les maux de l’enfer ne sont rien qu’une absence.
L’enfer, ce n’est pas les autres, c’est l’absence de tout autre.
Elle avait du mal à envisager l’existence d’un paradis et d’un enfer éternels – la vie ressemble déjà assez à une condamnation, que cette condamnation se poursuive après la mort paraissait absurde et injuste.
L’enfer ne contient pas plus de furie qu’une femme dédaignée.
Au fond de son âme, cependant, elle attendait un événement. Comme les matelots en détresse, elle promenait sur la solitude de sa vie des yeux désespérés, cherchant au loin quelque voile blanche dans les brumes de l’horizon.
Avec la superstition des âmes que la solitude a rendues farouches, elle s’imaginait confusément que tous les actes de sa vie étaient prescrits d’avance par une volonté inconnue.
Les épreuves de la vie l’ont forcée, l’ont enlevée à l’existence qu’elle avait espérée, mais elles ne lui ont pas fait baisser les yeux.
Cette femme avait compris une vérité capitale, que la plupart des gens n’apprenaient jamais. Qu’on forge soi-même son destin.
Et ses yeux n’ont pas vu, présage de son sort,
Auprès d’elle, effeuillant sur l’eau sombre des roses,
Les deux Enfants divins, le Désir et la Mort.
Elle n’avait rencontré aucune famille aussi éprise de sa mytheologie.

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