Le pouvoir ne se sépare pas de l’injustice. Le bon pouvoir est l’administration saine et prudente de l’injustice.
Philosophe, 1913-1960 Image : Photograph by United Press International, Domaine public, Wikimedia Commons Le pouvoir ne se sépare pas de l’injustice. Le bon pouvoir est l’administration saine et prudente de l’injustice.
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Carnets III : mars 1951-décembre 1959
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Le propre de la sagesse et de la vertu est de gouverner bien ; le propre de l’injustice et de l’ignorance est de gouverner mal.
Le pouvoir est fait, non pour servir le pouvoir des heureux mais pour la délivrance de ceux qui souffrent injustement.
On n’ose exercer des droits légitimes contre les puissants pendant qu’on use d’un pouvoir illégitime pour écraser les faibles.
Il ne s’agit pas de refuser l’autorité du pouvoir, nous sommes par bonheur en démocratie, mais d’intervenir au quotidien, au difficile équilibre entre le désordre et les excès de l’ordre.
Le pouvoir de faire le bien est aussi le pouvoir de faire du mal.
La justice, l’équité, la hiérarchie, voilà qui donne du poids à l’homme.
L’injustice n’est pas un mal en elle-même, mais elle l’est dans la crainte liée au soupçon qu’elle ne puisse rester inaperçue de ceux qui sont chargés de punir de tels actes.
Puisse une société basée uniquement sur le pouvoir de l’argent frémir en apercevant l’impuissance de la justice sur les combinaisons d’un système qui déifie le succès en en graciant tous les moyens !
Loger tout le pouvoir dans un seul parti et l’y maintenir, c’est assurer un mauvais gouvernement et la détérioration sûre et graduelle des mœurs publiques.
Justice et injustice n’ont de valeur que dans un cadre concret, victoire ou défaite, actions commises ou subies.

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