Le pouvoir sans abus perd le charme.
Écrivain, 1871-1945 Image : Henri Manuel, Domaine public, Wikimedia Commons Le pouvoir sans abus perd le charme.
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Source secondaire
Œuvres II (1941), chapitre Cahier B, p. 587
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Le pouvoir, c’est l’impuissance.
La puissance, il est vrai, ne fait pas le bonheur.
Savoir sans vouloir ne crée pas de pouvoir.
À quoi ça sert, le pouvoir, si c’est pour ne pas en abuser ?
Ce qui est redoutable… C’est un pouvoir illimité commandé par un esprit borné. Il n’est pas de violence ni de crime qu’il ne faille craindre de mains vigoureuses au service d’une tête faible.
Il y a dans le deuil une puissance contradictoire, une puissance absolue qui propulse tout autant vers la nécessité du changement que vers la tentation morbide à la fidélité au passé.
Ce n’est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur : la peur de perdre le pouvoir pour ceux qui l’exercent, et la peur des matraques pour ceux que le pouvoir opprime.
Le pouvoir ne règne qu’à la condition de diviser ; il n’a de ressource que dans l’heureuse alternative de la ruse ou de la force.
L’ivresse du pouvoir est un alcool extrêmement pervers. Il faut y résister par une discipline intérieure qui ne peut être cultivée qu’avec l’expérience ou la sagesse.
Le désordre, c’est l’ordre moins le pouvoir !

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