Pleurer est plus doux qu’on ne le peut croire.
1304-1374Pleurer est plus doux qu’on ne le peut croire.
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Poésies de Pétrarque, sonnet C
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Lorsqu’on veut animer la multitude, l’accumulation des griefs a plus de force que leur vraisemblance.
Il y a un certain plaisir à pleurer. Par les larmes, la douleur s’épuise et s’exhale.
Il n’est rien de plus lourd que la compassion. Même notre propre douleur n’est pas aussi lourde que la douleur coressentie avec un autre, pour un autre, à la place d’un autre, multipliée par l’imagination, prolongée dans des centaines d’échos.
Il n’y a pas de plus grande agonie que de porter en soi une histoire non racontée.
L’excès de tristesse rit, l’excès de joie pleure.
Il y a dans la douleur une pureté infatigable, la même que dans la joie, et cette pureté est en route dessous les tonnes d’imaginaire congelé.
Un cœur est trop cruel quand il trouve des charmes
Aux douceurs que corrompt l’amertume des larmes.
Souffrir est absurde et laid. Toute souffrance est un désordre… Mieux vaut s’accommoder des choses ou les briser que de pleurer à la lune. Est-il besoin, pour un homme, d’avoir une compagne effacée, sentimentale et sans volonté, pour être heureux ?
De nos cris de douleur naîtront des mots d’amour.
Il est plus aisé de mourir que de supporter avec constance une vie pleine de souffrance.

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