On ne peut pas demander à la souffrance de justifier ses raisons. On s’exposerait à ne compatir à presque rien.
Philosophe, 1913-1960 Image : Photograph by United Press International, Domaine public, Wikimedia Commons On ne peut pas demander à la souffrance de justifier ses raisons. On s’exposerait à ne compatir à presque rien.
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Carnets III : mars 1951-décembre 1959
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Sache souffrir. Mais ne dis rien qui puisse troubler la souffrance des autres.
L’être humain peut accepter la souffrance, pas le fait qu’elle n’ait aucun sens.
La méchanceté ne raisonne pas.
La souffrance a ses limites, pas la peur.
Ne pas croire les autres capables de souffrir à son propre diapason est une forme subtile de mépris.
On ne peut répondre de son courage quand on n’a jamais été dans le péril.
Avoir l’expérience du malheur ne suffit pas, car on est toujours malhabile avec les autres. Leur souffrance n’est jamais comparable à la nôtre.
On pardonne toujours à la force. Mais la faiblesse n’a pas d’excuse, n’est pas charitable, parce qu’elle n’a rien à offrir.
Si tu veux pleurer, pleure si tu veux espérer prie, mais de grâce, ne cherche pas de coupable là où tu ne trouves pas de sens à ta douleur.
Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience.

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