Pas un seul jour, pas un instant, je n’ai su oser lui parler. L’un et l’autre nous restons emmurés dans notre silence.
Écrivain, 1869-1951 Image : Ottoline Morrell (1873-1938), Domaine public, Wikimedia Commons Pas un seul jour, pas un instant, je n’ai su oser lui parler. L’un et l’autre nous restons emmurés dans notre silence.
Écrivain, 1869-1951 Image : Ottoline Morrell (1873-1938), Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Et nunc manet in te (1951), Journal intime
Le texte original diffère de quelques mots.
Que faire? Que devenir? Où aller? Je ne puis cesser de l’aimer. Son visage, certains jours, l’expression angélique de son sourire, m’emplissent encore le cœur d’extase, d’amour et de désespoir. Désespoir de ne pouvoir le lui dire.Pas un seul jour, pas un instant, je n’ai su oser lui parler. L’un et l’autre nous restons emmurés dans notre silence.Et parfois je me dis qu’il vaut mieux qu’il en soit ainsi et que tout ce que je pourrais lui dire ne serait que pour préparer d’autres peines.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Lorsque Théodore parlait, le silence se taisait et quelque chose en moi, quelque chose que je n’avais jamais soupçonné, se mettait à battre, à vivre.
Il est un silence plus calomnieux que le discours et j’ai mieux aimé quelquefois parler mal à propos que de me taire.
Quand deux personnes se taisent, ce silence est parfois bien plus éloquent que si elles parlaient.
Sous sa chevelure épaisse et emmêlée, son visage semblait toujours tombé du nid. Je cherchais quelque chose à dire, puisqu’il faut toujours recourir aux mots pour empêcher le silence de parler trop fort.
Je déguste la solitude, laisse une minute de silence fondre sur ma langue, seul le rayon de soleil poussiéreux vient me déranger.
J’avais voulu croire que nous avions tout en commun, mais tu étais seule dans ta détresse.
Mais les instants passaient, et, à chaque seconde écoulée, le silence semblait entre eux se figer davantage.
Je suis plein du silence assourdissant d’aimer.
On étouffe les clameurs, mais comment se venger du silence ?
Elle était si près de moi que je l’entendais respirer. J’avais envie de me rapprocher encore, mais je me le suis interdit…

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