Au milieu du voyage de notre vie, je revins à moi dans un bois sombre où le droit chemin était perdu.
1265-1321Attribution non vérifiée, l’œuvre d’origine n’a pas été retrouvée. Vous connaissez la source ?Comment nous vérifions
Au milieu du voyage de notre vie, je revins à moi dans un bois sombre où le droit chemin était perdu.
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J’étais au milieu de la forêt, il y avait deux chemins devant moi, j’ai pris celui qui était le moins emprunté, et là, ma vie a commencé.
Partir ne mène nulle part, j’ai mis longtemps à le comprendre ; mais pour cela sans doute était-il nécessaire d’avoir fait tout le chemin.
J’ai vécu assez longtemps : et le chemin de ma vie se perd dans les feuilles jaunies et séchées.
Je me replie. Je rentre en moi par mon oreille gauche. Mes pas retombent dans la solitude de mon crâne qu’illumine seule une constellation grenat. Je parcours à tâtons l’énorme salle démantelée. Portes murées, fenêtres condamnées.
Je sus que j’entrais dans un autre monde que celui que je pouvais découvrir de la maison, et aussi que j’étais parti pour un long voyage. Il ne s’agissait pas d’aller en ville, cette fois, mais beaucoup plus loin ; un voyage comme j’en avais jamais fait.
Hier encore, je marchais au hasard sur la terre, et des milliers de chemins fuyaient sous mes pas, car ils appartenaient à d’autres… Aujourd’hui, il n’y en a plus qu’un, et Dieu sait où il mène : mais c’est mon chemin.
Dans la mesure où ma vie était devenue cette sorte d’autoroute au soleil de la passion, je supportais mal d’y voir la moindre ombre portée.
Et je m’en vais, au vent mauvais, qui m’emporte Deçà, delà Pareil à la Feuille morte.
Ma vie semble suivre une voie qui ne me correspond pas – je suis le passager d’un train, mais je n’ai aucune idée du chemin qu’il prend ni de sa destination finale.
Mes pas ont retrouvé la vallée de l’enfance ; la cavée était vide et les monts dénudés. O bois dont je rêvais, crêts assombris de hêtres, le soleil garde seul son âge et sa beauté.

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