En matière d’amour, rien n’oblige à tenir ;
Et les meilleurs amis, lorsque son feu les presse,
Font bientôt vanité d’oublier leur promesse.
Écrivain, 1606-1684En matière d’amour, rien n’oblige à tenir ;
Et les meilleurs amis, lorsque son feu les presse,
Font bientôt vanité d’oublier leur promesse.
Écrivain, 1606-1684Partager sur
Source vérifiée
Mélite (1630), acte I, scène 3
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Ce qui rend les amitiés indissolubles et double leur charme, est un sentiment qui manque à l’amour, la certitude.
L’amitié ne remplit pas tout le cœur.
Pour animer le sentiment, rien n’est plus sûr qu’une caresse : Douce caresse est un aimant Pour l’amitié, pour la tendresse.
Jamais deux amis ne se confondent, ils s’unissent. L’amitié se nourrit de services, elle en produit ; l’amour veut des sacrifices qui vont jusqu’à tout abandonner, même la vie, pour l’être aimé.
Rien de plus malaisé que d’obtenir de nos amis qu’ils nous fichent la paix. Dès qu’on prend un peu le large par amour du silence, ils se croient trahis.
Tandis que l’amour, hélas ! Il y eut un silence dans lequel s’engouffra toute la passion amoureuse grandie, nourrie, exaspérée par l’indifférence de l’être aimé.
Je disais sur les amis tyranniques et avantageux : L’amour a des dédommagements que l’amitié n’a pas.
L’amitié vit de silence, l’amour en meurt.
N’accusez point l’amour ni son aveuglement ;
Quand on connaît sa faute, on manque doublement.
Rien dans l’amour ne se confond et ne se distingue mieux que ceci : le Don et la Demande.

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