Mais les poètes, dans leur silence, font bien plus de bruitqu’une coupole dorée d’étoiles.
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Quelle plate bêtise de toujours vanter le mensonge et de dire : la poésie vit d’illusions ; comme si la désillusion n’était pas cent fois plus poétique par elle-même !
La poésie commence à sourdre lorsqu’elle croise les méandres de l’existence du poète. Elle est réponse au vide, à l’immensité, à l’inquiétude intérieure qui nous habite lorsque, soudain, tout se tait et qu’il faut traduire le silence.
La poésie, c’est quand le silence prend la parole.
Un autre défaut de la mauvaise poésie est d’allonger la prose, comme le caractère de la bonne est de l’abréger.
La beauté du silence et le silence de la beauté, deux conjectures qui rendent la poésie possible.
Car la poésie est l’étoile
Qui mène à Dieu rois et pasteurs.
La poésie écrite est invisible, la poésie peinte a une apparence visible.
Les boueurs de poésie sont en général privés du sentiment de la poésie ; inaptes à percer les voies de son action. Il faut être l’homme de la pluie et l’enfant du beau temps.
La musique laisse la poésie loin derrière elle ; elle peut tout dire. Dans une modulation, dans une cadence évitée, elle exprime clairement, tout ce que les autres arts doivent décrire et essayer de cerner. Nos poètes impressionnistes modernes voudraient bien exprimer ces atmosphères et ces sensations, ce qu’ils n’arriveront jamais à faire avec des mots.
Ce n’est donc pas l’auguste aéropage de la poésie et de l’éloquence.

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