Maintenant, il y avait Marion et lui qui se cherchaient comme des prisonniers cherchent la liberté. Rien ni personne ne pourrait les convaincre qu’il était juste de rester derrière les barreaux du moment qu’on les y avait condamnés.
1896-1970Maintenant, il y avait Marion et lui qui se cherchaient comme des prisonniers cherchent la liberté. Rien ni personne ne pourrait les convaincre qu’il était juste de rester derrière les barreaux du moment qu’on les y avait condamnés.
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Elle imagina que la prison était ce que les enfants l’imaginent tous, elle confondit la mise au secret avec l’emprisonnement. La mise au secret est le superlatif de l’emprisonnement, et ce superlatif est le privilège de la justice criminelle.
Mais la liberté – je parie – n’est encore que la joie d’un pauvre petit chemin, frayant entre les grilles d’énormes prisons.
Quel endroit sinistre ! songea-t-il. Une prison sans murs, une condamnation à vie répétée en boucle. Personne n’était heureux, personne n’était quoi que ce soit ; les gens existaient, point final. C’était d’un ennui incroyable.
On peut toujours s’échapper d’une prison. Mais de la liberté ?
On croit fuir une prison alors qu’on emmène les barreaux avec soi.
C’est en prison qu’on rêve le mieux la liberté.
C’est le lot des innocents que d’être soupçonnés par la justice et celui des fripouilles que de courir en liberté.
La sécurité sans liberté s’appelle la prison.
Opiacé. Qui déverrouille la porte de la geôle de l’identité. Elle donne sur la cour de la prison.
Je n’aurais jamais cru que la liberté pût être une sorte de prison, la liberté, ça peut être une forêt vierge ou un océan, il peut t’arriver de t’y noyer ou de t’y perdre sans jamais plus retrouver le chemin du retour.

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