De jour en jour, les stupides préjugés nationaux s’émoussent, les âpres particularismes disparaissent sous l’action générale de la civilisation européenne. Aujourd’hui il n’y a plus de nations en Europe, mais seulement des partis.
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- L’Europe admet alors la coexistence de doctrines, d’idéals, de systèmes tout opposés. C’est la caractéristique d’une civilisation du type «moderne».
- Dans une civilisation démocratique, il est inconcevable que l’on règle ses différends idéologiques à coups de pistolet-mitrailleur.
- Déconnecté de toute visée de civilisation ou d’humanisme, le progrès n’a plus d’autre justification que son propre mouvement.
- Le raciste hiérarchise les individus en fonction de leur race; le Français pense que tout étranger, quelles que soient son origine, sa race, sa religion, peut accéder au nirvana de la civilisation française. Attitude un brin arrogante, xénophobe même, mais aucunement raciste.
- Il n’y a pas de liberté là où le public n’est pas assez intelligent pour aimer les opinions contradictoires. Un tel état d’esprit semble avoir existé en France vers le milieu du dix-huitième siècle : qui nous rendra ces temps sceptiques, ces temps bénis !
- J’avais dit que politiki mangni (La politique n’est pas bonne), j’avais dit que multipartisme n’est pas tribalisme; j’avais dit : Armée française, allez-vous-en ! Et déclaré : attention guerre civile ! Aujourd’hui, je vous dis : ôtez-vous du chemin de ces gens.
- L’Europe ne fait pas partie des grandes puissances. Et l’Afrique encore moins bien sûr. Mais l’Afrique a ce qui manque à l’Europe : l’espace, les ressources humaines et les ressources naturelles tandis que l’Europe a l’innovation technologique qui manque à l’Afrique. Ensemble, nous pouvons devenir une puissance qui peut compter dans l’avenir.
- Si chacun des groupes ethniques, religieux ou linguistiques prétendait au statut d’Etat, la fragmentation n’aurait plus de limite et la paix, la sécurité et le progrès économique pour tous deviendrait toujours plus difficile à assurer.
- Après l’écroulement de notre civilisation, de deux choses l’une : ou elle périra tout entière comme les civilisations antiques, ou elle s’adaptera à un monde décentralisé. Il dépend de nous, non pas de briser la centralisation, mais de préparer l’avenir.
- Et comme le luxe de la table et des vêtements dénote une civilisation malade; de même le dérèglement du discours, pour peu qu’il se propage, atteste que les âmes aussi, dont le style n’est que l’écho, ont dégénéré.
- Idéalement, la civilisation devrait être imposée par une majorité enthousiaste à une minorité provisoirement sceptique.
- Ceux qui s’accrochant au pouvoir après avoir été désavoués lors d’une consultation nationale et profitent de la confusion qu’ils ont créée pour tenter de se rétablir appartiennent à la confrérie des politiciens habiles, désinvoltes et cyniques.
- Ce Bruxelles affairiste et mondain où la passion d’acquérir et le snobisme du nom et du titre sévissent nulle part ailleurs.
- L’économie politique n’a pas, dans tout son vocabulaire, un mot qui ait autant excité la fureur des réformateurs modernes que le mot Concurrence, auquel, pour le rendre plus odieux, ils ne manquent jamais d’accoler l’épithète : anarchique.
- Il paraît que le parti communiste a «peur de l’Histoire». Il se trompe. C’est plutôt l’Histoire qui a peur du parti, avec tous les sévices qu’il lui fait subir.