Nous jouissons du temps sans compter, et ce qui est triste, c’est que nous ne commençons à comprendre ce qui est important que lorsque notre corps ne peut plus nous le procurer.
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- Nous nous sentons tous idiots à un moment ou à un autre. Même si nous sentons que nous sommes cool 98% du temps, ce doofus à 2% est sur le point de prendre le contrôle de notre corps sans aucun avertissement.
- Notre système nerveux n’est pas un vain mot ni une invention. C’est un corps physique composé de fibres. Notre âme est située dans l’espace et se place en nous comme les dents dans la bouche. On ne peut sans cesse la violenter impunément.
- Dans la vie courante (qui est la nôtre) il n’y a vraiment jamais de quoi rire à ventre déboutonné, notre corps n’en a pas l’habitude (tandis que ricaner, on sait le faire).
- Nous, les humains, avons perdu la sagesse de se reposer et de se détendre véritablement. On s’inquiète trop. Nous ne permettons pas à nos corps de guérir, et nous ne permettons pas à nos esprits et à nos coeurs de guérir.
- C’est un rude jeu d’hommes que la spéléologie. Un jeu sans soleil, sans chaleur, où le corps devient taupe. Mais qui porte en soi les joies les plus limpides qui soient pour un coeur d’homme, l’aventure de la fatigue, le danger de la découverte.
- Je ne sais à quoi s’occupent les autres. Je pars de la constatation simple que l’époque est un désespoir pour qui ne s’est pas inventé une vie privée en relief.
- Tout le monde s’habitue. C’est dans la nature humaine. On s’habitue à voir l’inhabituel, on s’habitue à vivre des choses dérangeantes, on s’habitue à voir des gens souffrir, on s’habitue nous-mêmes à la souffrance. On s’habitue à être prisonniers de notre propre corps. On s’habitue, ça nous sauve.
- Que vaut le temps, s’il n’en reste plus pour s’émouvoir, s’attendrir, aimer ? Ce n’est pas nous qui décidons de notre temps, mais le temps qui tisse les jours, fait et défait les volontés, les aspirations de l’homme.
- Certains objets ont le pouvoir d’abolir le temps, mais jamais la peine. Le réconfort qu’ils procurent se paie. Le bonheur qu’ils semblent raviver s’en va d’autant plus loin quand vous les relâchez, comme le ressac d’une vague.
- La douleur physique existe pour nous rappeler que nous sommes mortels. Quand on souffre dans notre corps, on découvre combien sotte et vaine est la vanité.
- Le temps, c’est rien que de la soustraction depuis qu’on naît, comme sur le cahier de mon père, et on n’en a même pas conscience tant qu’on est qu’une enfant.
- Le malheur qui se perpétue produit sur l’âme l’effet de la vieillesse sur le corps; on ne peut plus remuer; on se couche.
- J’ai compris que quoi qu’on fasse, au fond, on perd son temps, alors autant choisir la folie.
- A quoi reconnaît-on les gens fatigués. A ce qu’ils font des choses sans arrêt. A ce qu’ils rendent impossible l’entrée en eux d’un repos, d’un silence, d’un amour.
- Le temps qui nous manque c’est toujours celui qu’on aurait voulu consacrer à ceux qu’on aime...