Les hommes sont si nécessairement fous que ce serait être fou par un autre tour de folie de n’être pas fou.
Écrivain, 1623-1662 Image : Clermont Auvergne Métropole, Bibliothèque du patrimoine, GRA 6025, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons Les hommes sont si nécessairement fous que ce serait être fou par un autre tour de folie de n’être pas fou.
Écrivain, 1623-1662 Image : Clermont Auvergne Métropole, Bibliothèque du patrimoine, GRA 6025, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons Partager sur
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Pensées (1670), Pensées, section VI
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Tous les hommes sont fous, et malgré tous leurs soins, ne diffèrent entre eux que du plus ou du moins.
Ce serait le comble de la folie de prétendre amener tous les hommes à penser d’une manière uniforme.
L’homme, tout compte fait, n’a rien à dire de l’homme. Etant seul à se juger, il peut se grandir ou se réduire à sa guise : tel un fou qui, sans risque de contradiction, pourrait choisir entre le délire des grandeurs et celui de l’indignité.
Bien des hommes rêvaient d’être cocus, juste pour pouvoir tromper à leur tour, enfin sans culpabilité.
À proprement parler, l’homme est fou, comme le corps est malade, par nature ; la raison comme la santé n’est en nous qu’une réussite momentanée et un bel accident.
Il faut avoir un peu de folie, qui ne veut avoir plus de sottise.
Un homme à qui le pouvoir monte à la tête est toujours ridicule.
La folie n’a point dans les fous la même énergie et le même excès que dans les sages.
O Dieu ! Qu’est-ce donc que l’homme ? Est-ce un assemblage monstrueux de choses incomparables ?
Pour un fou, le pire des malheurs est de ne pas être fou tout à fait, et, pour un amant, de juger son amour.

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