À proprement parler, l’homme est fou, comme le corps est malade, par nature ; la raison comme la santé n’est en nous qu’une réussite momentanée et un bel accident.
1828-1893À proprement parler, l’homme est fou, comme le corps est malade, par nature ; la raison comme la santé n’est en nous qu’une réussite momentanée et un bel accident.
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Histoire de la littérature anglaise
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Il faut savoir que chez l’être humain la raison peut se mettre au service de la folie et que la folie peut créer ce dont la raison est incapable.
L’être humain ne s’offre le luxe d’être fou que lorsque les conditions sont favorables.
C’est un des mystères attachés à la condition humaine, et la définition de sa folie essentielle, que le domaine de l’inexistant ait presque toujours la part la plus belle par rapport au domaine de l’existant.
La santé de l’âme n’est pas plus assurée que celle du corps ; et quoique l’on paraisse éloigné des passions, on n’est pas moins en danger de s’y laisser emporter que de tomber malade quand on se porte bien.
Attendre toujours, pour commencer l’ouvrage, que le corps soit bien disposé, que la santé soit parfaite et les forces physiques en bon état, c’est pour beaucoup d’hommes se condamner à l’inaction, c’est dévouer sa vie à la stérilité.
Les hommes sont si nécessairement fous que ce serait être fou par un autre tour de folie de n’être pas fou.
Le pire de tout c’est l’habitude. L’homme perd son humanité et l’énormité de la douleur d’autrui ne compte plus pour lui.
Chacun de nos jours est une vie. Si la folie est meurtrière, le vice est un bourreau.
Peut-être y a-t-il dans la vie de tout homme un échec, quelque affaire non résolue, qui a pour lui plus d’importance que tous ses succès ?
Les hommes qui sont malheureux par naissance, veulent croire qu’ils le sont par accident.

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