C’est un des mystères attachés à la condition humaine, et la définition de sa folie essentielle, que le domaine de l’inexistant ait presque toujours la part la plus belle par rapport au domaine de l’existant.
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- Sans le mot qui seul compte dans l’expression d’une pensée, la pensée en question n’est qu’un pur fantôme en attente de corps. Là où les mots manquent pour le dire, manque aussi la pensée.
- Explications mystiques : Les explications mystiques sont considérées comme profondes; en réalité il s’en faut de beaucoup qu’elles soient même superficielles.
- Ecrire, c’est vouloir distinguer à travers des mots ce qu’en réalité on ne peut voir : naissance et mort, apparition et disparition fulgurantes des êtres. Perpétuité des catastrophes.
- Rien n’est plus trompeur que l’évidence. C’est un principe de logique qui s’applique aux échecs : ce qui paraît évident n’est pas toujours ce qui s’est produit en réalité, ou ce qui est sur le point de se produire...
- Qu’un cauchemar ne finisse pas, il devient votre réalité, et il faut bien faire avec. Que votre vie s’achève, elle n’était qu’un songe, et il faut bien ne plus faire avec.
- Mystérieuse splendeur des choses vitales. Beauté inimitable, inintelligible, impossédable. Aimer, c’est ne pas pouvoir posséder.
- Le mystère crée l’émerveillement et l’émerveillement est la base du désir de l’homme de comprendre.
- L’incompréhensible c’est le miracle. Le monde insondable est celui des miracles et de la magie, alors que celui qu’on comprend n’est qu’étonnant, sans plus. Avancer dans le domaine de la connaissance, c’est s’éloigner du merveilleux.
- Une pensée réellement profonde a toujours quelque chose de paradoxal, qui apparaît aux esprits médiocrement doués comme obscur et contradictoire.
- La souffrance invisible, c’est la souffrance latente qui est omniprésente tant que nous sommes sous l’emprise de l’ignorance, de l’attachement au moi et d’une perception erronée de la réalité.
- C’est là la difficulté de la vie, de distinguer, entre les êtres et les objets, celui qui est l’otage du destin.
- Au fond, au fond même de la vie, qui nous séduit tous, il n’y a que de l’absurdité, et encore de l’absurdité. Et c’est peut-être cela qui nous donne notre joie de vivre, car la seule chose qui peut vaincre l’absurde, c’est la lucidité.
- Il faut savoir que chez l’être humain la raison peut se mettre au service de la folie et que la folie peut créer ce dont la raison est incapable.
- C’est dans la maladie que nous nous rendons compte que nous ne vivons pas seuls, mais enchaînés à un être d’un règne différent, dont des abîmes nous séparent, qui ne nous connaît pas et duquel il est impossible de nous faire comprendre : notre corps.
- La vie n’est rien qu’un mot qui veut dire ignorance, et quand nous qualifions un phénomène de vital, cela équivaut à dire que c’est un phénomène dont nous ignorons la cause.