La forêt, c’est encore un peu du paradis perdu. Dieu n’a pas voulu que le premier jardin fût effacé par le premier péché.
Écrivain, 1902-1967La forêt, c’est encore un peu du paradis perdu. Dieu n’a pas voulu que le premier jardin fût effacé par le premier péché.
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Clérambard
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Si le péché originel n’avait pas eu lieu, nous serions certes restés dans le paradis terrestre mais avec la conscience d’un petit animal.
Un jardin, même tout petit, c’est la porte du paradis.
L’enfer ce n’est pas les autres. Ils seraient bien plutôt notre Paradis – avec des petits coins de purgatoire çà et là.
Un bois n’a jamais refusé l’asile. Les princes, eux, envoyaient leurs bûcherons pour abattre les bois. Pour administrer un pays, la règle est de le défricher. Dans un royaume en ordre, la forêt est le dernier bastion de liberté à tomber.
Comme si le repos dans la mort ne vous avait pas semblé, à vous, un paradis trop beau dont l’homme est exclu.
Qui a peur des feuilles ne doit pas approcher de la forêt.
Quand vous voudrez pécher, cherchez un lieu où Dieu ne vous voie pas.
Dieu fit le premier jardin et Caïn la première cité.
Son Dieu à elle se cachait dans les arbres, dans les herbes, dans le soleil et dans la pluie.
Lieu de rêve et de solitude où le héros reprend des forces, la forêt permet au marginal de respirer loin des miasmes d’une société despotique et félonne.

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