Une fatalité de décisions mal prises, d’espérances irréalisées, de projets manqués, continuait de poursuivre la vie de Jean.
1850-1923Une fatalité de décisions mal prises, d’espérances irréalisées, de projets manqués, continuait de poursuivre la vie de Jean.
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Matelot
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Mais l’homme s’était nourri si longtemps de ses rêves que, mis en face de la brutale réalité, il ne put se résoudre à les voir disparaitre sans tenter un dernier effort.
L’absence de finalité donnée à la vie était devenue une condition de l’action.
Le remords s’endort devant un destin prospère, et s’aigrit dans l’adversité.
Un des grands malheurs de la vie moderne, c’est le manque d’imprévu, l’absence d’aventures. Tout est si bien réglé, si bien engrené, si bien étiqueté, que le hasard n’est plus possible.
La réussite, c’est se promener d’échecs en échecs tout en restant motivé.
La mort est le prolongement horizontal d’un rêve factice, la vie n’étant pas vérifiable.
Sa vie toute entière sera, par le manque de certitude, jetée dans la confusion et l’incapacité d’aller de l’avant.
Le pessimisme, cette cruauté des vaincus qui ne sauraient pardonner à la vie d’avoir trompé leur attente.
La vie de l’homme n’est qu’une succession d’espoirs vains et de peurs sans fondement.
Le pire, c’était choisir, et passer le restant de sa vie à se demander si l’on a fait le bon choix. Personne n’était capable de choisir sans avoir peur.

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