Ne faites pas attention à ma peau noire : c’est le soleil qui m’a brûlé.
1913-2008Ne faites pas attention à ma peau noire : c’est le soleil qui m’a brûlé.
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Cahier d'un retour au pays natal (1939)
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Le soleil est parti, mais j’ai la lumière.
Le même soleil fait fondre la cire et sécher l’argile.
Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d’automne, Je respire l’odeur de ton sein chaleureux, Je vois se dérouler des rivages heureux Qu’éblouissent les feux d’un soleil monotone.
Un reste de soleil sur le seuil de la brume,
Une glu chaude encore à la pente des nues
Et l’automne vous prend dans ses pattes-pelues,
Feuilles couleur de sang, de sang couleur de plumes.
Rentre ton foin tant que le soleil brille.
Que le soleil ne se couche pas sur votre colère.
On peut présager une nuit noire à la couleur du crépuscule.
O ma nuit ! ô ma Blonde ! Ma lumineuse sur les collines Mon humide au lit de rubis, ma Noire au secret de diamant Chair noire de lumière, corps transparent comme au matin du jour premier.
Personne ne peut voir au soleil la fumée d’un sillon labouré sans avoir la chaude fièvre d’en être le seigneur.
Le soleil ne chauffe que ce qu’il voit.

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